MEDIC PLUS Guinée : la CRIEF ordonne une enquête pour des faits présumés de faux et usage de faux

MEDIC PLUS Guinée : la CRIEF ordonne une enquête pour des faits présumés de faux et usage de faux

15 octobre 2026 Non Par LA RÉDACTION

Le parquet spécial de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a ordonné l’ouverture d’une enquête préliminaire sur des faits présumés de faux et usage de faux et d’abus de biens sociaux au sein de la société MEDIC PLUS Guinée. La procédure fait suite à une plainte déposée par un homme d’affaires guinéen qui affirme avoir été frauduleusement écarté de cette entreprise.
Dans une correspondance datée du 14 octobre 2026, le procureur spécial près la CRIEF, Alphonse Charles Wright, a instruit le directeur central de l’Office de répression des délits économiques et financiers (ORDEF) d’engager une enquête préliminaire sur cette affaire.
La plainte a été déposée le 9 octobre 2026 par Me Almamy Traoré, avocat à la Cour, agissant au nom d’Ibrahima Diogo Diallo, homme d’affaires guinéen. Elle vise Mamady Diare, Bademba Sow et Mariama BAH, présentée dans le document comme la gérante statutaire de la société.
Une cession de parts sociales contestée
Selon les éléments rapportés dans la plainte, MEDIC PLUS Guinée a été créée le 5 mars 2024 par plusieurs associés, dont Ibrahima Diogo Diallo, Mamady Diare, Zakpa Alberic Appolinaire Baibo, Oumar Seck et Mariama Bah. La société est immatriculée au Registre du commerce et du crédit mobilier (RCCM) sous le numéro GN.TCC.2024.B.03462 et son siège social est situé à Gbessia, à Conakry.
Le plaignant conteste les conditions dans lesquelles ses parts sociales auraient été cédées à Bademba Sow. D’après sa plainte, cette opération aurait été réalisée à son insu, dans le cadre d’une modification des statuts de la société intervenue en juin 2025.
Le document évoque notamment un procès-verbal de décision des associés et un acte de cession de parts sociales datés du 19 juin 2025. Ces documents comporteraient, selon les accusations rapportées, des mentions inexactes concernant la participation d’Ibrahima Diogo Diallo à l’opération.
Une signature contestée au cœur de l’affaire
L’un des principaux points soulevés dans la plainte concerne la signature attribuée à Ibrahima Diogo Diallo sur les documents relatifs à la cession de ses parts sociales.
Selon le plaignant, Mamady Diare aurait signé ces actes en son nom sans disposer d’un mandat l’y autorisant. Le procès-verbal mentionnerait également sa présence à une assemblée à laquelle il affirme ne pas avoir participé.
Ces actes auraient ensuite servi de fondement à la modification des statuts de MEDIC PLUS Guinée, entraînant, selon la plainte, son exclusion de la société.
Le parquet spécial estime que les faits dénoncés sont susceptibles de relever du faux et usage de faux, des infractions prévues et réprimées par les dispositions du Code pénal guinéen citées dans sa correspondance.
VISTA BANK Guinée également concernée
La plainte met également en cause l’utilisation des documents contestés auprès de VISTA BANK Guinée.
D’après le document transmis au parquet, Mariama Bah aurait adressé un courrier à la direction générale de la banque le 13 octobre 2025 pour notifier qu’elle était désormais l’unique signataire du compte bancaire de MEDIC PLUS Guinée.
Cette démarche se serait appuyée sur les statuts modifiés de la société. Or, selon Ibrahima Diogo Diallo, il était auparavant cosignataire du compte et n’aurait jamais donné son accord pour le retrait de sa signature.
Le plaignant considère ainsi que les documents litigieux auraient été utilisés pour modifier les conditions de fonctionnement du compte bancaire et l’écarter de la gestion financière de l’entreprise.
Une enquête pour établir les responsabilités
Dans sa correspondance du 14 octobre 2026, Alphonse Charles Wright demande l’ouverture d’une enquête préliminaire afin de vérifier les faits dénoncés et de déterminer les responsabilités éventuelles des personnes mises en cause.
La procédure vise notamment à examiner les conditions d’établissement des documents contestés, les circonstances de la cession des parts sociales et leur utilisation auprès de l’établissement bancaire.
À ce stade, les accusations formulées dans la plainte restent à vérifier dans le cadre de l’enquête. La responsabilité pénale des personnes mises en cause ne pourra être établie que conformément à la procédure judiciaire.
L’affaire met en lumière un différend portant sur la propriété des parts sociales et le contrôle de la gestion bancaire de MEDIC PLUS Guinée, dont les circonstances doivent désormais être éclaircies par les enquêteurs.

TBD