CRIEF: le parquet spéciale ouvre une enquête sur une présumée escroquerie liée à 100 kg d’or

CRIEF: le parquet spéciale ouvre une enquête sur une présumée escroquerie liée à 100 kg d’or

13 octobre 2026 Non Par LA RÉDACTION

Le parquet spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a ordonné l’ouverture d’une enquête préliminaire sur une affaire présumée d’escroquerie portant sur une transaction de 100 kilogrammes d’or, dont la valeur est estimée à plusieurs milliards de francs CFA.
Dans un courrier daté du 12 octobre 2026, le procureur spécial, Alphonse Charles Wright, a instruit l’Office de répression des délits économiques et financiers (ORDEF) de diligenter des investigations à la suite d’une plainte déposée le 7 octobre par Me Mountaga Kobélé Keita, avocat à la cour, pour le compte de son client, Aboubacar Doukouré.
La plainte vise notamment Mohamed Lamine Konaté, Louck Men Diakité, Salia Yéyé ainsi que d’autres personnes, pour des faits présumés d’escroquerie et de complicité.
Une transaction de 100 kg d’or au cœur de la plainte
Selon les éléments rapportés dans la plainte, Aboubacar Doukouré aurait conclu un accord commercial avec Louck Men Diakité, qui se serait présenté comme un professionnel du secteur aurifère. L’opération portait sur la vente de 100 kilogrammes d’or, dont la valeur marchande aurait été estimée à 4,318 milliards de FCFA.
Dans le cadre de cette transaction, le plaignant affirme avoir déboursé 476 000 dollars américains pour couvrir des frais de raffinage et diverses formalités. Il aurait également été sollicité pour le paiement d’autres charges, notamment une taxe correspondant à 7 % de la valeur de la marchandise.
Malgré ces engagements financiers, l’opération n’aurait pas abouti à la livraison de l’or.
Le transit par Conakry au centre des investigations
D’après le récit présenté au parquet spécial, les parties auraient ensuite discuté des modalités d’expédition de la marchandise. Alors qu’Aboubacar Doukouré aurait proposé un transport par Turkish Airlines ou Ethiopian Airlines, son interlocuteur aurait privilégié un transit par la Guinée, présenté comme l’itinéraire le plus sûr.
L’or aurait ainsi été expédié de Bamako à Conakry, accompagné de Salia Yéyé, présenté au plaignant comme le frère aîné de Louck Men Diakité.
À l’arrivée en Guinée, Aboubacar Doukouré aurait appris que le colis avait été intercepté par les services des douanes. Un transitaire lui aurait alors réclamé des frais supplémentaires équivalant à 2,5 % de la valeur de la marchandise pour permettre le déblocage de l’opération.
Après des négociations, le plaignant affirme avoir versé 211 000 dollars supplémentaires. Selon sa plainte, des paiements comparables, représentant le double de cette somme, auraient également été effectués en Côte d’Ivoire et au Ghana pour des motifs similaires.
Au total, les fonds engagés n’auraient pas permis d’obtenir la livraison des 100 kg d’or ni le remboursement des sommes versées. La plainte fait notamment état d’un montant de 400 millions de FCFA consacré à l’achat de la marchandise.
La CRIEF veut établir les responsabilités
Face à ces accusations, le parquet spécial a demandé aux enquêteurs de vérifier les différentes étapes de la transaction, notamment les opérations de raffinage alléguées, les garanties présentées, le rôle des intermédiaires et l’authenticité des documents utilisés.
Les investigations devront également permettre d’identifier toutes les personnes impliquées, de déterminer les montants effectivement versés et d’évaluer le préjudice financier allégué.
Le procureur spécial a par ailleurs demandé aux enquêteurs de rechercher les 100 kilogrammes d’or concernés, si leur existence est établie, et de procéder, le cas échéant, à leur saisie ainsi qu’à leur placement sous scellés provisoires.
L’audition de Kankou Moussa est également prévue afin de confirmer ou d’infirmer la réalité de l’opération de raffinage évoquée dans la plainte.
À ce stade, aucune responsabilité pénale n’est établie. L’enquête préliminaire devra permettre de vérifier les déclarations du plaignant, de réunir les éléments de preuve et de déterminer les responsabilités éventuelles des personnes citées dans cette affaire.

Avec Mondemedia.info