CRIEF : Ahmed Kanté visé par une enquête sur des soupçons d’évasion fiscale et de blanchiment

CRIEF : Ahmed Kanté visé par une enquête sur des soupçons d’évasion fiscale et de blanchiment

5 octobre 2026 Non Par Doura

Le parquet spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a ordonné l’ouverture d’une enquête préliminaire visant Ahmed Kanté, figure dirigeante de la société minière AGB2A-GIC, ainsi que d’autres personnes, à la suite d’une dénonciation portant sur des soupçons d’évasion fiscale, de blanchiment de capitaux et de corruption.
Dans un soit-transmis daté du 5 octobre 2026, le procureur spécial Alphonse Charles Wright demande au Directeur central de l’Office de répression des délits économiques et financiers (ORDEF) d’enquêter sur les faits dénoncés.
Le sponsoring d’un club chypriote au cœur des interrogations
Selon la dénonciation reçue par le parquet sous le numéro 448, les investigations portent notamment sur les relations financières présumées entre AGB2A-GIC, société active dans l’exploitation de la bauxite en Guinée, et le club de football chypriote Doxa Katokopias FC.
Le document affirme qu’AGB2A serait devenue le « Main Sponsor » du club basé à Chypre. Cette opération est présentée par les auteurs de la dénonciation comme susceptible de soulever des interrogations sur la justification économique de certains transferts financiers.
Le parquet demande ainsi que soient vérifiées la nature exacte du contrat de sponsoring, les montants concernés, les bénéficiaires des fonds ainsi que la réalité des prestations éventuellement fournies.
Des flux financiers entre plusieurs juridictions
La dénonciation évoque également de possibles flux financiers transitant par plusieurs juridictions, notamment le Tchad et Chypre.
Selon les accusations rapportées dans le document, des contrats de prestations de services, des conventions d’assistance technique et des sociétés intermédiaires auraient pu être utilisés afin de déplacer une partie des revenus générés par l’activité minière hors de Guinée.
Le parquet demande aux enquêteurs de vérifier notamment l’existence éventuelle de liens entre les dirigeants ou actionnaires d’AGB2A et les structures étrangères concernées.
La question des prix de transfert
Un autre volet de la dénonciation concerne les conditions de commercialisation de la bauxite.
Les auteurs des accusations avancent l’hypothèse d’une manipulation des prix de transfert, qui aurait permis de facturer le minerai à des entités intermédiaires à des conditions susceptibles de réduire le bénéfice imposable en Guinée.
Ces accusations devront être confrontées aux contrats de vente, aux factures, aux prix pratiqués sur le marché, aux documents douaniers et aux flux bancaires de l’entreprise.
Les bénéficiaires effectifs recherchés
Le parquet souhaite également déterminer l’identité des éventuels bénéficiaires effectifs des sociétés intervenant dans les opérations dénoncées.
La correspondance évoque notamment l’utilisation présumée de sociétés holdings, d’actionnaires prête-noms ou de structures intermédiaires. Les enquêteurs devront établir, sur la base de documents vérifiables, les liens éventuels entre ces entités et les responsables ou actionnaires d’AGB2A.
Une enquête désormais ouverte
En application des dispositions du Code de procédure pénale et de l’ordonnance portant création et fonctionnement de la CRIEF, le procureur spécial a donc instruit l’ouverture d’une enquête préliminaire contre Ahmed Kanté et autres pour les faits dénoncés.

Doura