Mali : après de violents combats, le convoi de l’armée et de l’Africa Corps atteint Anéfis

Mali : après de violents combats, le convoi de l’armée et de l’Africa Corps atteint Anéfis

10 juillet 2026 Non Par LA RÉDACTION

Au Mali, l’armée et ses alliés russes de l’Africa Corps ont enregistré un succès militaire important dans le nord du pays. Parti de Gao le 7 juillet, un convoi de renfort est parvenu à rejoindre Anéfis dans la soirée du jeudi 9 juillet, au terme de plusieurs heures de combats intenses contre les combattants du Front de libération de l’Azawad (FLA) et les jihadistes du Jnim.
Selon les informations rapportées par Radio France Internationale (RFI), le convoi est entré dans Anéfis aux alentours de 20 heures, après une journée marquée par de longs affrontements. Tout au long de sa progression, il a essuyé des attaques menées par les groupes armés, mais a finalement réussi à forcer le passage. Les forces maliennes et leurs partenaires russes ont ainsi repris le contrôle de la ville et du camp militaire d’Anéfis, où étaient attendus des renforts en hommes et en matériel.
Des pertes humaines et matérielles sont signalées dans les deux camps. Plusieurs véhicules blindés et pick-up auraient été détruits, même si aucun bilan précis n’a pu être confirmé de manière indépendante à ce stade. Chacune des parties a diffusé des images montrant les dégâts infligés à l’adversaire.
Le rôle décisif de l’aviation
Si les versions divergent sur le déroulement exact des combats, un élément semble faire consensus : l’appui aérien a joué un rôle déterminant dans l’issue de l’opération. D’après des sources citées par RFI, les frappes de drones et d’avions Sukhoï ont permis à l’armée malienne et à ses alliés de prendre l’ascendant sur le terrain.
Un responsable militaire du FLA reconnaît d’ailleurs que ces frappes ont fortement compliqué les manœuvres de ses hommes. À cela s’ajoute la présence, aux côtés des forces maliennes, de combattants touaregs issus de groupes armés alliés de Bamako, notamment le Gatia et le MSA, dont la connaissance du terrain a également pesé dans la bataille.
Un renfort crucial pour Anéfis
L’arrivée de ce convoi constitue un soulagement pour les troupes stationnées à Anéfis, assiégées depuis plusieurs jours et dans l’attente de renforts. Un premier convoi, parti plus tôt, avait en effet été contraint de rebrousser chemin le 5 juillet sous la pression des groupes armés.
Ce succès intervient dans un contexte particulièrement tendu pour l’armée malienne dans la région de Kidal. Depuis le 25 avril, les forces de Bamako ont essuyé plusieurs revers, notamment avec la perte de Kidal et de Tessalit, avant le siège du camp d’Anéfis pendant près d’une semaine. Dans ce contexte, la réussite de cette opération apparaît comme un tournant tactique.
Une bataille gagnée, mais pas la guerre
Pour une source sécuritaire malienne citée par RFI, cette avancée pourrait « changer la donne » dans le nord du pays. Le maintien d’Anéfis sous contrôle de l’armée malienne renforce en effet sa position dans la région de Kidal et pourrait ouvrir la voie à de futures opérations de reconquête, annoncées par l’état-major dès le mois de mai.
Du côté du Front de libération de l’Azawad, on minimise toutefois la portée stratégique de cet épisode. Si certains cadres indépendantistes reconnaissent un revers, ils assurent que leurs objectifs restent inchangés. Les groupes armés contrôlent toujours Kidal et Tessalit et entendent poursuivre leur offensive.
L’armée malienne, de son côté, n’avait pas encore communiqué officiellement sur cette opération au moment de la publication de ces informations.

 

Avec RFI