Nord du Mali : la bataille d’Anéfis relance la guerre sur plusieurs fronts
6 juillet 2026L’armée malienne a affirmé avoir « repris l’initiative » après les attaques menées le 4 juillet contre plusieurs localités du pays, tout en reconnaissant une reprise des combats dès le lendemain à Anéfis, dans le nord, où elle affronte à la fois des jihadistes et des combattants indépendantistes touaregs.
Dans un communiqué daté du 6 juillet, l’état-major des Forces armées maliennes (FAMa) a indiqué que sa riposte aéroterrestre coordonnée avait permis de « maîtriser la situation » dans les zones visées samedi. Il précise toutefois que les affrontements ont repris dans la matinée du 5 juillet à Anéfis, après l’arrivée de renforts ennemis « en effectifs et en moyens matériels ».
Les attaques du 4 juillet ont visé plusieurs localités du pays, notamment Aguel-Hoc, Anéfis, Gao, Sévaré et Kéniéroba, avant de s’étendre à Konna et à la zone Somadougou-Soufroulaye, selon les communiqués militaires. L’armée affirme avoir mené la riposte avec l’appui de ses partenaires, citant notamment Africa Corps dans les opérations à Konna et Somadougou.
Le bilan provisoire communiqué par les FAMa fait état de 20 assaillants neutralisés à Sévaré et de six autres à Gao. L’armée malienne déplore également un mort et quatre blessés dans ses rangs à Gao. Pour Konna et Somadougou, l’état-major évoque un bilan humain et matériel « particulièrement lourd » du côté adverse, sans fournir de chiffres précis.
À Gao, un avis de décès du Syndicat national de l’éducation et de la culture (Synem) de Gao a fait état de victimes civiles après la chute d’un obus dans une concession. Selon cette note, une élève du Fondamental 1 et une femme âgée ont été tuées, tandis que quatre autres personnes blessées ont été admises aux urgences de l’hôpital de Gao.
Le Front de libération de l’Azawad (FLA) a revendiqué une offensive sur Anéfis, devenue un point central de la confrontation depuis les revers subis par l’armée malienne dans la région de Kidal. Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, a également revendiqué des attaques contre plusieurs positions militaires ou pro-gouvernementales, tandis que les FAMa assurent avoir repoussé les assauts.
Anéfis apparaît comme l’un des principaux enjeux de cette séquence militaire. Située sur l’axe reliant Gao, Kidal et Aguel-Hoc, la localité constitue un point d’appui stratégique pour l’armée malienne et ses alliés russes, après la perte de plusieurs positions dans le Nord. Avec Aguel-Hoc, elle fait partie des dernières zones de présence militaire malienne dans la région de Kidal depuis les attaques d’avril.
Les autres localités visées répondent à des enjeux distincts. Gao reste un verrou militaire et logistique majeur dans le nord du pays. Sévaré et Konna s’inscrivent dans le dispositif stratégique du centre, autour de Mopti. Plus au sud, Kéniéroba, près de Bamako, abrite une prison sensible déjà citée comme lieu de détention de prisonniers de haute valeur, de combattants du JNIM et de personnes arrêtées après les attaques d’avril.
Cette nouvelle offensive intervient un peu plus de deux mois après les attaques coordonnées des 25 et 26 avril 2026, revendiquées par le JNIM et le FLA. Ces opérations avaient touché Bamako, Kati, Gao, Sévaré, Mopti et Kidal. Elles avaient notamment été marquées par la mort du ministre malien de la Défense, le général Sadio Camara, ainsi que par la perte de Kidal au profit des rebelles du FLA.
Les combats des 4 et 5 juillet illustrent la persistance d’une pression simultanée sur plusieurs fronts, du nord autour d’Anéfis et d’Aguel-Hoc au centre autour de Sévaré et de Konna, jusqu’à la périphérie sud de Bamako avec Kéniéroba. L’armée malienne affirme poursuivre ses opérations de sécurisation, tandis que les groupes armés semblent déterminés à maintenir la pression militaire et symbolique engagée depuis les attaques d’avril.
Makoura Sidibé



