Mali : plusieurs localités du nord attaquées, une prison visée dans le sud

Mali : plusieurs localités du nord attaquées, une prison visée dans le sud

4 juillet 2026 Non Par LA RÉDACTION

Le Mali a été secoué, ce samedi 4 juillet, par une série d’attaques coordonnées visant plusieurs localités du nord du pays ainsi qu’une prison située dans le sud, à une soixantaine de kilomètres de Bamako. Ces offensives ont été revendiquées, pour partie, par les rebelles du Front de libération de l’Azawad (FLA), tandis que des jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) sont également cités parmi les assaillants.
Dans le nord du pays, les attaques ont touché au moins trois localités, dont Anefis, située à une centaine de kilomètres de Kidal. Selon plusieurs sources, de violents combats s’y sont déroulés jusque dans l’enceinte de la ville, considérée comme un point stratégique sur l’axe menant à Kidal, tombée en avril dernier aux mains du FLA. Des éléments russes alliés à l’armée malienne ainsi que des soldats maliens y seraient retranchés dans le camp militaire.
Des tirs ont également été signalés à Aguelhok, dans la région de Kidal, où seraient présents un petit groupe de militaires maliens et de combattants russes. Gao, principale ville du nord du Mali, a elle aussi été visée par cette offensive coordonnée. Si des coups de feu y ont été entendus, aucun affrontement majeur n’y était encore confirmé dans la matinée. Même scénario à Sévaré, dans le centre du pays, où des tirs ont également été rapportés.
Le porte-parole du Front de libération de l’Azawad, Mohamed Elmaouloud Ramadane, a affirmé qu’il s’agissait du début de « la libération de l’Azawad », revendiquant ainsi l’ampleur de l’opération menée par les groupes rebelles.
Plus au sud, la prison de Kéniéroba, localité située à environ 60 kilomètres de Bamako, a elle aussi été la cible d’une attaque menée par des hommes armés dont l’identité n’a pas encore été officiellement établie. D’après des sources pénitentiaires, plusieurs véhicules stationnés à l’intérieur de l’établissement ont été incendiés. À ce stade, il n’est pas encore possible de déterminer s’il s’agissait d’une tentative d’évasion de détenus ou d’une action de déstabilisation.
Face à cette vague d’attaques, les autorités maliennes ont d’abord évoqué de simples « tentatives d’attaques » dans plusieurs localités, avant que l’armée ne publie un second communiqué plus détaillé. L’état-major affirme que les Forces armées maliennes (FAMa) ont repoussé les assaillants dans les différentes zones visées. À Sévaré, l’armée annonce avoir neutralisé une vingtaine de « terroristes » circulant à moto et saisi ou détruit du matériel. À Gao, un militaire malien aurait été tué et quatre autres blessés, tandis que six assaillants auraient été neutralisés, selon la même source.
Ces bilans restent toutefois impossibles à vérifier de manière indépendante dans l’immédiat.
À Gao, un habitant joint dans la journée a raconté avoir été réveillé vers 5 heures du matin par des tirs d’armes lourdes et légères. Selon son témoignage, un obus serait tombé non loin de son domicile, provoquant des dégâts dans une maison voisine et faisant au moins un blessé. Il décrit une ville paralysée pendant plusieurs heures, les habitants restant cloîtrés chez eux pendant que les forces armées se déployaient dans les rues. En début d’après-midi, la situation semblait plus calme, même si les autorités continuaient d’appeler la population à la prudence.
Ces attaques simultanées illustrent une nouvelle fois la dégradation persistante de la situation sécuritaire au Mali, où les groupes armés rebelles et jihadistes continuent de multiplier les offensives contre les positions de l’État, malgré les opérations militaires menées ces derniers mois.

Yayé Barry