Guinée : le gouvernement accuse Cellou Dalein Diallo de « se victimiser » après sa saisine de la Cour de la CEDEAO

Guinée : le gouvernement accuse Cellou Dalein Diallo de « se victimiser » après sa saisine de la Cour de la CEDEAO

7 novembre 2025 Non Par Doura

 

Conakry, 7 novembre 2025  – L’opposant guinéen Cellou Dalein Diallo a annoncé avoir saisi la Cour de justice de la CEDEAO après avoir été, selon lui, empêché de s’inscrire sur les listes électorales à Abidjan. En réaction, le gouvernement guinéen affirme que l’ancien Premier ministre « se victimise » et devait s’enrôler à Conakry, où se trouve sa résidence principale.

L’avocat de M. Diallo, Me Vincent Brengarth, a déclaré jeudi sur RFI que son client, actuellement en Côte d’Ivoire, s’était vu refuser son inscription malgré un dossier complet déposé à l’ambassade de Guinée à Abidjan. Estimant que ce refus constitue une atteinte à ses droits civils et politiques, il a saisi la juridiction communautaire ouest-africaine pour dénoncer une violation du droit de vote et d’éligibilité de son client.

Réponse du gouvernement : « Il ne peut pas vouloir un traitement spécifique »

Interrogé vendredi par RFI, le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, a rejeté ces accusations, estimant que l’ancien Premier ministre « se victimise ».

« L’inscription sur les listes électorales est liée à la résidence principale. Celle de M. Diallo est à Conakry. S’il réside temporairement à Abidjan, il lui appartient d’effectuer les démarches consulaires requises », a déclaré le ministre.

Selon lui, la loi guinéenne est claire et s’applique de manière uniforme à tous les citoyens :

« Il ne peut pas vouloir un traitement spécifique. D’ailleurs, son épouse s’est inscrite à Conakry sans aucune difficulté », a-t-il ajouté, estimant que l’opposant « cherche à transformer une procédure administrative en polémique politique ».

Un contentieux dans un contexte électoral tendu

Cette polémique intervient alors que le dépôt des candidatures pour la présidentielle du 28 décembre a pris fin le 3 novembre. Outre la candidature du général Mamadi Doumbouya, une dizaine de postulants ont déposé leurs dossiers à la Cour suprême.
Mais trois figures majeures de l’opposition – Alpha Condé, Sidya Touré et Cellou Dalein Diallo – en sont absentes. Les deux premiers, âgés de plus de 80 ans, sont exclus par la nouvelle Constitution qui fixe une limite d’âge. Tous trois sont également concernés par la clause de résidence, étant installés à l’étranger.

Les avocats de M. Diallo dénoncent ce qu’ils qualifient de « persécution politico-judiciaire », estimant que le refus de son inscription résulte d’instructions politiques visant à l’écarter de la compétition électorale.

« Nous avons produit plusieurs éléments démontrant que ce refus découle d’une décision concertée pour empêcher l’enrôlement de notre client », a indiqué Me Brengarth.

L’UFDG dénonce une « mascarade électorale »

Dans un communiqué, l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) a précisé que la démarche engagée devant la Cour de la CEDEAO n’impliquait pas une candidature de son président ni une participation à l’élection de décembre.

« Être rétabli dans ses droits est une chose, décider de les exercer en est une autre », a affirmé le parti, qualifiant le scrutin présidentiel à venir de « mascarade ».


Doura