Face aux dénonciations des enlèvements en Guinée, le procureur menace

Face aux dénonciations des enlèvements en Guinée, le procureur menace

5 décembre 2025 Non Par Doura

 

Alors que plusieurs acteurs politiques, membres de la société civile et un journaliste sont signalés disparus depuis plusieurs mois en Guinée, la polémique autour d’éventuels enlèvements imputés aux autorités ne cesse d’enfler. Dans ce climat marqué par des accusations relayées sur les réseaux sociaux, le Parquet Général près la Cour d’Appel de Conakry a publié ce 04 décembre 2025 un communiqué au ton particulièrement ferme.

Dans son texte, diffusé sur la RTG et partagé par les médias nationaux, le Procureur général Fallou Doumbouya dénonce la circulation de « propos calomnieux » accusant l’autorité publique d’être impliquée dans des actes d’enlèvements ou de disparitions.

Selon le Parquet Général, ces accusations « sans base factuelle » portent atteinte à la dignité des institutions, troublent l’ordre public et alimentent « une campagne de désinformation dangereuse ».

Depuis plusieurs mois, des familles et organisations de défense des droits humains alertent sur la disparition de plusieurs personnalités, parmi lesquelles :des figures politiques de l’opposition, des acteurs de la société civile et même un journaliste dont on reste sans nouvelles.

Des organisations nationales et internationales ont demandé des enquêtes transparentes.

Face à ces accusations, le Parquet Général affirme que tous les faits signalés comme enlèvement ou disparition font l’objet de procédures régulières devant les services de police judiciaire ou les juridictions compétentes, conformément au Code de procédure pénale.

Le communiqué cite également la Constitution de 2025 et la loi sur la protection des institutions, rappelant que la diffamation, la calomnie et la propagation de fausses nouvelles sont punies par la loi.

Le Parquet avertit que toute personne accusant publiquement une autorité d’actes criminels sans preuve s’expose à des poursuites pénales : diffamation, injure publique, outrage, calomnie ou propagation de fausses nouvelles.

Pour plusieurs observateurs, ce communiqué s’inscrit dans un contexte où l’étau semble se resserrer autour de ceux qui dénoncent les disparitions.

De leur côté, les autorités assurent agir pour préserver l’ordre public, protéger l’image de l’État et lutter contre ce qu’elles qualifient de « désinformation orchestrée ».

Alors que les familles des disparus réclament toujours la vérité et la transparence, le communiqué du Procureur marque une nouvelle étape dans la confrontation entre les dénonciateurs et les institutions judiciaires.

Dans un pays où la liberté d’expression et les droits civiques restent au cœur du débat public, l’affaire révèle une fracture grandissante entre les versions officielles et les perceptions d’une partie de la population.


Doura