Mali : Mahmoud Dicko rejoint la nouvelle coalition d’opposants en exil

Mali : Mahmoud Dicko rejoint la nouvelle coalition d’opposants en exil

5 décembre 2025 Non Par Doura

L’imam malien Mahmoud Dicko a officiellement rejoint la Coalition des forces pour la République (CFR), une plateforme regroupant des opposants en exil décidés à organiser la « résistance démocratique » contre la junte d’Assimi Goïta.
L’annonce a été faite par Ousmane Maïga, proche collaborateur du leader religieux, qui a confirmé l’engagement de Dicko dans ce mouvement lancé ce jeudi.

Exilé à Alger depuis décembre 2023, Mahmoud Dicko n’a plus remis les pieds au Mali en raison de ses relations extrêmement tendues avec les autorités militaires. La CFR, dont le communiqué fondateur a été signé par l’économiste Étienne Fakaba Sissoko, rassemble des intellectuels, acteurs politiques, militaires républicains, leaders sociaux et membres de la diaspora.

Le mouvement vise à mettre fin aux violences contre les civils et militaires, à restaurer les libertés fondamentales et à organiser une transition ne dépassant pas 18 mois vers un ordre constitutionnel légitime.
Selon ses initiateurs, le Mali traverse « l’une des crises les plus graves de son histoire contemporaine ».


« La résistance est un devoir national »

Dans leur déclaration, les fondateurs de la CFR estiment que l’État malien est « affaibli », ses institutions « dévoyées », et sa souveraineté confisquée par une « alliance toxique » mêlant prédation économique, militarisation et instrumentalisation de la peur.
Ils affirment que, dans ce contexte, « la résistance n’est plus une option morale, mais un devoir national ».

La coalition compte déjà plusieurs anciens ministres et responsables politiques maliens. Certains préfèrent pour l’instant rester anonymes pour des raisons de sécurité.

Peu avant l’annonce de la création de la CFR, les partisans de Mahmoud Dicko ont publié un texte intitulé « Pourquoi l’imam Mahmoud Dicko est-il aujourd’hui indispensable ? ».
Ils y soulignent la légitimité sociale de l’imam, qu’ils jugent plus forte que celle d’un pouvoir militaire « imposé par la force ».


Un soutien passé devenu opposition ouverte

Initialement favorable à la prise de pouvoir militaire ayant renversé Ibrahim Boubacar Keïta en août 2020, Mahmoud Dicko s’est progressivement éloigné de la junte.
Son installation en Algérie a accentué les tensions entre Bamako et Alger, que les autorités maliennes accusent désormais de contribuer à « la déstabilisation » du Mali.


Guinee3.net  avec AFP