Crise à l’AGEPI : la présidente saisit la Haute Autorité de la Communication
3 décembre 2025
L’Association Guinéenne des Éditeurs de la Presse Indépendante (AGEPI) traverse une nouvelle zone de turbulences. Dans une lettre officielle datée du 2 décembre 2025, adressée au président de la Haute Autorité de la Communication (HAC), la présidente de l’AGEPI, Aminata Camara, dénonce « une usurpation d’identité » ainsi que « l’organisation frauduleuse d’un congrès » au nom de l’association.
Selon la présidente, un groupe composé de journalistes « peu actifs », de distributeurs de journaux et même de personnes ne disposant pas de la carte professionnelle de presse aurait tenu, le samedi 29 novembre 2025, un « congrès » illégal aboutissant à l’« élection » d’un bureau exécutif parallèle. À la tête de ce bureau figurait un distributeur de journaux, en totale contradiction avec les statuts de l’AGEPI.
Un congrès parallèle en violation des statuts
Dans sa correspondance, Aminata Camara rappelle que seuls les membres actifs ont le droit de vote et que seul le bureau exécutif en place peut convoquer ou organiser un congrès.
Le congrès ordinaire de l’AGEPI, prévu initialement le 23 novembre 2025, avait été reporté, et une nouvelle date — le 16 janvier 2026 — avait été officiellement annoncée dans les médias conformément aux procédures.
La tenue d’un congrès parallèle est donc, selon elle, une « initiative irrégulière » visant à déstabiliser l’association.
Une manœuvre orchestrée par un ancien président ?
Les investigations internes menées par l’AGEPI pointent du doigt un ancien président de l’association, soupçonné d’être l’architecte de cette opération. L’objectif présumé : installer un bureau à sa convenance afin d’influencer la future Haute Autorité de la Communication prévue par la nouvelle Constitution.
Aminata Camara assure que les responsabilités seront établies « devant les juridictions compétentes ».
Une menace pour l’intégrité du métier
La présidente interpelle la HAC, rappelant que l’institution est garante de la professionnalisation du secteur et responsable de la délivrance des cartes de presse. Elle alerte sur « l’envahissement du milieu professionnel par des distributeurs de journaux et des non-professionnels », situation qui représente selon elle « une menace sérieuse pour la crédibilité et l’intégrité de notre métier ».
Elle souligne que cette dérive compromet les efforts de structuration du secteur médiatique, un travail dans lequel la HAC est engagée depuis plusieurs années.
L’AGEPI annonce qu’elle compte saisir les autorités compétentes afin de faire valoir ses droits, et appelle la HAC à prendre la pleine mesure de la gravité de la situation.
La crise au sein de l’AGEPI, déjà secouée par plusieurs tensions internes ces dernières années, semble loin d’être résolue.
Bhoye



