Présidentielle en Guinée : l’UFDG dénonce un projet d’exclusion de Cellou Dalein Diallo

Présidentielle en Guinée : l’UFDG dénonce un projet d’exclusion de Cellou Dalein Diallo

19 juin 2022 Non Par LA RÉDACTION

Un document audio diffusé par plusieurs médias guinéens depuis le mardi 14 juin 2022 suscite une vive polémique sur la scène politique nationale. Dans cet enregistrement, un ministre de la République, en l’occurrence le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, également porte-parole du gouvernement, affirme avec une quasi-certitude que la Cour constitutionnelle rejetterait, le moment venu, la candidature de Cellou Dalein Diallo, président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), à la prochaine élection présidentielle.
Selon les propos attribués au porte-parole du gouvernement, présenter Cellou Dalein Diallo comme candidat exposerait l’UFDG à une élimination de la compétition électorale, la Cour constitutionnelle disposant, selon lui, des leviers nécessaires pour l’écarter. Il reconnaît par ailleurs que le pays évoluerait dans ce qu’il qualifie de « démocratie cocotier », estimant que le pouvoir détient toujours la possibilité d’exclure un adversaire politique du jeu électoral.
Dans cet enregistrement, le ministre soutient que le seul moyen d’empêcher Cellou Dalein Diallo d’accéder à la magistrature suprême serait de l’empêcher d’être candidat, laissant entendre qu’une telle décision pourrait être prise au sommet de l’État.
Pour l’UFDG, ces déclarations constituent une révélation troublante, perçue comme la confirmation de manœuvres en cours visant à écarter son président de la course à la présidentielle. Le parti estime que cet audio éclaire l’opinion sur l’acharnement dont Cellou Dalein Diallo ferait l’objet depuis plusieurs mois.
Le parti d’opposition établit un lien entre ces propos et une série d’actions qu’il qualifie de harcèlement politico-judiciaire, notamment la réouverture du dossier de la privatisation d’Air Guinée, vieux de plus de vingt ans et, selon lui, juridiquement prescrit. L’UFDG dénonce également la confiscation et la destruction de la résidence de son président, alors même que le dossier était pendant devant la justice, ainsi que les campagnes de dénigrement visant à porter atteinte à son honneur et à sa réputation.
Selon l’UFDG, l’ensemble de ces actions viserait à préparer l’opinion publique à une exclusion politique préméditée, en contradiction avec les principes d’un État de droit.
Face à cette situation, le parti exprime sa vive indignation et met en garde contre un projet qu’il qualifie de machiavélique, susceptible de compromettre les espoirs des Guinéens de voir émerger, au terme de la transition, une démocratie apaisée fondée sur l’unité et la cohésion nationales.
L’UFDG appelle ses militants et sympathisants à la vigilance et à la mobilisation, afin de faire face à toute tentative d’exclusion de ses candidats lors des prochaines échéances électorales. Le parti lance également un appel aux patriotes guinéens pour défendre la démocratie, la paix et la stabilité du pays.
Enfin, l’UFDG interpelle la communauté internationale sur l’existence de ce qu’elle considère comme un projet injuste et antidémocratique, qu’elle attribue au Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD).