Niger : des dizaines de soldats arrêtés après la mutinerie, le calme revient à Niamey

Niger : des dizaines de soldats arrêtés après la mutinerie, le calme revient à Niamey

30 août 2026 Non Par LA RÉDACTION

Après une journée marquée par des tirs et de violents affrontements, le calme est revenu à Niamey. Les autorités nigériennes ont repris le contrôle de la situation et lancé une vaste opération d’interpellations parmi les militaires impliqués dans la mutinerie.
La capitale nigérienne retrouve progressivement son calme au lendemain d’une mutinerie impliquant principalement des soldats des Forces spéciales. Les militaires loyalistes ont repris le contrôle des principaux points stratégiques de Niamey, tandis que plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtées.
Le périmètre autour de la présidence a notamment été fortement sécurisé. Des pick-up équipés de mitrailleuses et des dispositifs de blocage ont été déployés sur plusieurs axes. Les accès à certains secteurs sensibles, notamment aux abords de l’hôpital national, font l’objet de contrôles renforcés.
Des mutins arrêtés et détenus
Après plusieurs heures de tractations, une partie des militaires mutinés aurait accepté de se rendre samedi. D’autres ont été délogés lors d’une opération menée par la garde présidentielle du général Abdourahamane Tiani.
Des images diffusées samedi soir par la télévision nationale montraient près d’une centaine de militaires capturés, certains blessés, agenouillés et alignés. Parmi eux figuraient également des femmes. Les autorités n’ont toutefois pas communiqué leurs identités ni leurs grades.
Dans la nuit, les forces de sécurité ont poursuivi les opérations de contrôle dans la capitale. Au moins dix nouvelles personnes ont été interpellées.
Aucun bilan officiel des victimes
Malgré l’intensité des affrontements, les autorités nigériennes n’ont, à ce stade, communiqué aucun bilan officiel concernant d’éventuels morts ou blessés.
Le ministre de la Défense, Salifou Mody, avait qualifié les événements de « mouvement d’humeur d’un groupe de soldats en rupture avec le règlement militaire ». Mais l’ampleur de l’opération et l’implication de militaires issus de plusieurs unités de l’armée soulèvent des interrogations sur les motivations réelles des mutins.
Des Forces spéciales au cœur de la crise
Les militaires impliqués seraient principalement issus des Forces spéciales, considérées comme des unités d’élite de l’armée nigérienne. Ces soldats sont fortement engagés dans la lutte contre les groupes jihadistes, notamment dans les zones de Tillabéri et de Dosso ainsi que dans la région des trois frontières avec le Mali et le Burkina Faso.
Selon plusieurs analystes, les pertes importantes enregistrées par l’armée nigérienne dans les opérations antijihadistes auraient alimenté des frustrations au sein de certaines unités.
L’AES dénonce une tentative de déstabilisation
La Confédération des États du Sahel (AES), regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger, a rapidement réagi aux événements. Dans un communiqué, elle a dénoncé une « entreprise de déstabilisation » menée par un groupe de soldats et affirmé que la situation avait finalement été « contenue et mise en échec ».
À Niamey, les autorités maintiennent désormais un important dispositif sécuritaire. Si le calme est revenu dans les rues, les circonstances exactes de cette mutinerie, son bilan humain et les motivations de ses initiateurs restent encore à établir.

Yayé Barry