Mali : un mois de coupure d’électricité à Mopti à cause de l’embargo jihadiste

Mali : un mois de coupure d’électricité à Mopti à cause de l’embargo jihadiste

6 novembre 2025 Non Par Doura

Cela fait désormais un mois que les habitants de Mopti, grande ville du centre du Mali peuplée de plus de 560 000 personnes, vivent sans électricité. La cité subit les conséquences directes de l’embargo sur le carburant imposé début septembre 2025 par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à al-Qaïda.

Les jihadistes ont multiplié les attaques contre les convois de camions-citernes, provoquant une pénurie sévère de carburant dans toute la région. Si quelques véhicules parviennent encore à franchir les lignes, la distribution est quasi à l’arrêt. Dans plusieurs villes du centre et du nord du pays, le courant ne passe plus du tout.

Sans essence, les groupes électrogènes sont à l’arrêt, et seuls les panneaux solaires permettent à certains services essentiels — notamment les hôpitaux — de fonctionner partiellement. Les habitants utilisent les rares équipements disponibles pour recharger leurs téléphones ou alimenter des installations critiques.

Mohamed Sanous Nientao, ressortissant de Mopti, homme d’affaires et président de l’ONG Mouvement Solidarité Nouvelle, témoigne depuis l’exil :

« Depuis le 7 octobre, nous n’avons plus d’électricité, pas une seule seconde. C’est le black-out total. C’est une catastrophe pour les habitants. »

Sur le plan économique, la situation est tout aussi dramatique : « Il n’y a plus de travail, plus de revenus. Même l’approvisionnement en eau devient problématique. La route entre Mopti et Bamako est sous contrôle des groupes jihadistes, et le prix du transport a explosé », déplore-t-il, qualifiant la situation d’« intenable ».

Mohamed Sanous Nientao appelle les autorités de transition à intervenir rapidement :

« Nous demandons simplement une heure d’électricité par jour. Le pays est attaqué par une force obscurantiste. Pour résister, il faut pouvoir vivre dignement. »

Face à la crise, le président de la transition, le général Assimi Goïta, a déclaré en début de semaine que des solutions étaient à l’étude, tout en appelant les Maliens à « rester unis » et à « ne pas céder à la panique ».


Avec RFI