La mort d’Oumar Fadiga, un ressortissant guinéen interpellé par la gendarmerie sénégalaise dans la nuit du mardi 25 novembre 2025 à Kédougou, au sud-est du Sénégal, suscite une vive émotion et de graves interrogations. Des témoignages concordants de proches du défunt font état de violences, de tortures, de vols présumés et même de tentative de viol impliquant des agents des forces de l’ordre.
Selon Kaousou Camara, oncle du défunt et témoin direct des faits, tout aurait commencé aux environs de 23 heures, lorsqu’un groupe de gendarmes a fait irruption dans le domicile d’Oumar Fadiga.
« Ce sont les bruits qui m’ont réveillé. Quand je suis sorti, on m’a dit que ce sont les gendarmes qui sont là. J’ai trouvé qu’ils étaient en train de frapper Oumarba dans sa chambre », raconte-t-il.
D’après son témoignage, les gendarmes — au nombre de quatre — auraient procédé à une fouille musclée de la maison, cassant une valise dans laquelle se trouvait une somme de six millions de francs CFA, intégralement emportée, ainsi que six téléphones portables et les papiers d’une moto récemment achetée.
« Ils ont frappé Oumarba devant sa femme. Même elle a reçu des coups, et le bébé pleurait. Ils l’ont ensuite menotté et emmené au poste », poursuit Kaousou Camara.
Des violences répétées en détention
Le lendemain de l’arrestation, l’oncle du défunt affirme s’être rendu à plusieurs reprises au poste de gendarmerie pour comprendre les raisons de l’interpellation et s’enquérir de l’état de santé de son neveu, en vain.
« Personne ne voulait m’expliquer ce qui se passait. À chaque fois que j’allais au poste, je le trouvais en train d’être frappé dans sa cellule », dénonce-t-il.
Selon lui, Oumar Fadiga aurait été transféré dans un autre lieu de détention avant qu’on lui annonce qu’il était gravement malade et hospitalisé, sans jamais lui permettre de le voir.
Une mort entourée de zones d’ombre
Quelques jours plus tard, la famille est informée du décès d’Oumar . Une annonce accompagnée d’instructions troublantes.
« On m’a dit de ne pas me déplacer, que même si je venais je ne verrais pas le corps. Quand j’ai demandé la cause de la mort, on m’a parlé d’une mine interdite, puis d’une affaire de drogue. Les versions ont changé », affirme Kaousou Camara.
Face à ces incohérences, la famille a alerté l’ambassade de Guinée au Sénégal et informé les proches du défunt restés en Guinée.
Le témoignage accablant de l’épouse
La veuve du défunt, Fanta Traoré, livre un témoignage particulièrement grave. Présente lors de l’arrestation, elle confirme les violences et le vol présumé de l’argent.
« Ils ont frappé mon mari devant moi, ils ont mis les menottes et fouillé toute la maison. Les enfants pleuraient. Ils ont pris les six millions et les téléphones », explique-t-elle.
Mais elle accuse également l’un des gendarmes resté sur place d’avoir tenté de la violer.
« Il m’a dit que si j’acceptais de coucher avec lui, ils allaient rendre l’argent. J’ai refusé. Depuis ce jour, je n’ai plus jamais revu mon mari », confie-t-elle, encore sous le choc.
Appel à la vérité et à la justice
La mort d’Oumar Ba soulève de sérieuses questions sur les conditions de son arrestation et de sa détention. La famille exige l’ouverture d’une enquête indépendante, la restitution des biens saisis et que toute la lumière soit faite sur les circonstances exactes de son décès.
À ce stade, aucune communication officielle détaillée n’a été rendue publique par les autorités compétentes.
Avec lejeune224.com




