Sénégal : le FMI ouvre la voie à un prêt de 2,2 milliards de dollars
2 septembre 2026Le Fonds monétaire international (FMI) et le Sénégal ont conclu, mardi 1er septembre 2026, un accord de principe portant sur un nouveau programme de financement d’environ 2,2 milliards de dollars. Cette enveloppe doit contribuer au redressement des finances publiques sénégalaises, confrontées à une dette estimée à 132 % du PIB.
Cet accord intervient près de deux ans après la suspension du précédent programme du FMI, qui prévoyait un financement de 1,8 milliard de dollars. L’institution avait notamment suspendu ses décaissements après la découverte d’une dette cachée de plus de 9 milliards de dollars contractée sous l’administration précédente.
Le nouveau programme, conclu au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) pour une durée de 36 mois, doit encore être soumis à l’approbation du conseil d’administration du FMI. Il prévoit notamment la mise en œuvre de mesures destinées à renforcer la transparence et à empêcher la dissimulation de nouvelles dettes publiques.
Selon le FMI, l’accord reste également conditionné à l’obtention des assurances de financement nécessaires auprès des partenaires du Sénégal.
Une aide pour alléger la pression de la dette
Le financement devrait être débloqué progressivement, par tranches semestrielles entre 2026 et 2029. Il doit permettre au Sénégal de soutenir son programme de réformes économiques et financières tout en contribuant au remboursement de sa dette.
Le ministre sénégalais de l’Économie et des Finances, Cheikh Diba, a souligné l’ampleur de la pression exercée actuellement par le service de la dette. Selon lui, sur 100 francs CFA de recettes publiques, environ 25 francs sont consacrés au paiement des intérêts.
Dakar s’est par ailleurs engagé à « traiter sa dette » afin de la rendre soutenable. Le gouvernement n’envisage toutefois pas, à ce stade, une restructuration générale de ses échéances. Le ministre a évoqué des aménagements au cas par cas, tout en assurant que les engagements de paiement seraient respectés.
Pour le Sénégal, ce retour du FMI constitue ainsi une bouffée d’oxygène financière, mais il s’accompagne d’exigences importantes en matière de gestion des finances publiques, de transparence de la dette et de réformes économiques.
Yayé Barry



