Sénégal : le CORED alerte contre les discours xénophobes
16 juillet 2026 Non Par LA RÉDACTIONLe Conseil pour l’Observation des Règles d’Éthique et de Déontologie dans les Médias (CORED) appelle les médias sénégalais à faire preuve de vigilance face à la recrudescence de discours xénophobes visant des communautés étrangères vivant au Sénégal, notamment dans un contexte marqué par des propos hostiles à l’encontre de ressortissants guinéens.
Dans un communiqué, l’organe de régulation exhorte les journalistes et les responsables de médias à ne pas servir de relais à des déclarations stigmatisantes ou discriminatoires susceptibles d’attiser les tensions et de porter atteinte à la cohésion sociale.
Le CORED souligne que la diffusion de discours de haine constitue un risque non seulement pour le vivre-ensemble au Sénégal, mais également pour les Sénégalais établis à l’étranger, qui pourraient subir des représailles en raison de telles prises de position.
L’institution rappelle que les médias ne doivent pas devenir des amplificateurs de messages incitant à la haine ou à la discrimination. Elle insiste sur le fait que la répétition de ces contenus peut influencer l’opinion publique et favoriser des comportements hostiles envers certaines communautés.
Le Conseil condamne toute tentative de faire des étrangers des boucs émissaires et rappelle aux professionnels de l’information leurs obligations éthiques. Il cite notamment l’article 18 du Code de la presse sénégalais, qui impose le respect de la dignité humaine et interdit toute référence discriminatoire fondée sur l’origine nationale, l’appartenance ethnique, la religion, le sexe, l’état de santé ou toute autre caractéristique pouvant conduire à la stigmatisation.
Le CORED invoque également la Charte des journalistes du Sénégal, qui exige le respect de la dignité des personnes et des groupes sociaux, notamment les minorités et les personnes vulnérables, tout en proscrivant la diffamation, les accusations sans fondement, l’apologie de la violence et l’incitation à la haine.
Réaffirmant son attachement à la liberté de la presse, l’instance rappelle que celle-ci ne saurait justifier la propagation de la xénophobie, du racisme ou de toute forme d’intolérance. Elle précise enfin que ce communiqué vaut avertissement à l’ensemble des journalistes et techniciens des médias et indique qu’elle pourra saisir son Tribunal des pairs en cas de violation des règles d’éthique et de déontologie.
Yayé Barry


