Prison de Yorokoguia : le chantier dure plus de dix ans
17 mai 2025Ouvert il y a plus de dix ans sous le ministère de Cheick Sako, le chantier de la prison moderne de Yorokoguia, dans la préfecture de Dubréka, peine toujours à avancer. Malgré les visites successives des ministres de la Justice, des interrogations persistent sur le délai d’exécution et la disponibilité du financement.
Le chantier de la future prison moderne de Yorokoguia continue de susciter des interrogations. Lancés il y a plus d’une décennie, sous le ministre de la Justice d’alors, Cheick Sako, les travaux n’ont toujours pas abouti, alors que plusieurs ministres se sont succédé à la tête du département.
Le mercredi 14 mai 2025, le garde des Sceaux, Yaya Kairaba Kaba, s’est rendu sur le site pour la deuxième fois en moins de quatre mois. Une visite destinée à évaluer l’état d’avancement des travaux de cette infrastructure pénitentiaire présentée comme stratégique pour le système judiciaire guinéen.
Le ministre était accompagné de Mme Irène Marie Hadjimalis, secrétaire générale du ministère de la Justice, de Me Billy 1 Keita, chef de cabinet, ainsi que de Souleymane Kadiatou Camara, directeur national des Infrastructures judiciaires et pénitentiaires.
Selon le ministère de la Justice, cette nouvelle visite a permis de constater une évolution significative du chantier depuis le précédent déplacement du ministre. Les fondations seraient entièrement achevées, tandis que les équipes techniques travailleraient sur les remblais, une étape préalable à la réalisation du béton de sol et à l’élévation des murs.
Le directeur de projet de MOBINEK, l’entreprise chargée des travaux, aurait également assuré la délégation ministérielle que la saison des pluies ne devrait pas perturber le calendrier d’exécution.
Le garde des Sceaux a salué les progrès annoncés, soulignant l’importance de cette infrastructure dans le cadre de la réforme du système pénitentiaire guinéen.
Des questions toujours sans réponse
Malgré ces annonces, plusieurs questions essentielles restent en suspens. Le ministère n’a pas communiqué, dans les éléments rapportés, sur le délai contractuel d’achèvement des travaux. La date de livraison prévue de la prison n’a pas non plus été précisée.
Autre interrogation : le budget nécessaire à la poursuite et à l’achèvement du chantier est-il entièrement disponible ? Aucune précision n’a été apportée sur ce point dans le compte rendu de la visite.
Ces informations sont pourtant importantes pour apprécier les perspectives d’achèvement d’un projet engagé depuis plus de dix ans et dont la réalisation est attendue depuis longtemps.
Une infrastructure attendue pour désengorger les prisons
La future prison de Yorokoguia est présentée comme un établissement moderne, comprenant notamment des centres de formation professionnelle et des espaces consacrés aux activités sportives.
Selon le ministère, cette approche vise à favoriser la réinsertion des personnes privées de liberté, au-delà de leur simple détention.
L’infrastructure devrait également contribuer à réduire la surpopulation carcérale, notamment à la prison de Conakry, confrontée à des difficultés liées à la capacité d’accueil.
En attendant, une question demeure : après plus d’une décennie de travaux et plusieurs changements à la tête du ministère de la Justice, quand cette prison moderne pourra-t-elle enfin accueillir ses premiers détenus ?
Doura



