Présidentielle en Guinée : Faya Millimouno dénonce des entraves et menace de se retirer
16 décembre 2025
À moins de deux semaines de l’élection présidentielle du 28 décembre, la campagne électorale en Guinée entre dans sa dernière ligne droite, dans un contexte marqué par l’absence de plusieurs poids lourds de la scène politique nationale. Parmi les candidats en lice figure le président du Bloc Libéral (BL), Dr Faya Lansana Millimouno, qui dénonce de sérieuses entraves à sa campagne dans le Fouta Djallon.
En tournée dans la région administrative de Mamou, la délégation du Bloc Libéral affirme avoir été empêchée, le lundi 15 décembre, de tenir un meeting au centre-ville de Pita. Selon le parti, cette situation fait suite à la présence simultanée sur les lieux de la Génération pour la Modernité et le Développement (GMD), conduite par son directeur national de campagne, Amadou Oury Bah, par ailleurs Premier ministre et directeur de campagne du candidat Mamadi Doumbouya.
Visiblement remonté, Dr Faya Millimouno a dénoncé ce qu’il qualifie de manœuvre délibérée visant à perturber sa campagne. « Si on continue à perturber ma campagne, je démissionnerai de la course », a-t-il averti sur un ton ferme.
Le candidat du Bloc Libéral rappelle que, bien avant le lancement officiel de la campagne, la Direction générale des élections (DGE) avait demandé à tous les candidats de transmettre leurs chronogrammes de déplacement. « Nous avions clairement indiqué que le 15 décembre, nous devions être à Pita puis à Labé. Ces pratiques reviennent souvent lorsqu’il s’agit du Bloc Libéral, parce qu’ils ont peur du message que je vais livrer au peuple de Guinée », a-t-il soutenu.
Dr Faya Millimouno insiste également sur la neutralité des agents de l’État, telle que prévue par la loi. « Le Premier ministre est un employé de tous les Guinéens. Il ne devrait pas prendre position dans un débat politique. Tout cela démontre que le processus démocratique est aujourd’hui menacé en République de Guinée », a-t-il déclaré.
Se disant le seul candidat programmé pour s’adresser aux populations de Pita ce jour-là, Dr Millimouno estime que son programme a été délibérément chevauché. Il critique par ailleurs l’engagement politique d’Amadou Oury Bah, soulignant ce qu’il considère comme une contradiction au regard de son passé militant. « Il est directeur de campagne d’un homme arrivé au pouvoir par un coup d’État, alors qu’il a lui-même présidé la commission d’organisation de la manifestation qui a mis fin au régime du capitaine Moussa Dadis Camara », a-t-il déclaré.
Le président du Bloc Libéral n’exclut pas un retrait pur et simple de la compétition électorale si ces faits venaient à se répéter. « Si cela continue, nous tirerons les conséquences et nous nous retirerons de cette mascarade », a-t-il martelé, avant d’annoncer son départ pour Labé.
Par ailleurs, le parti indique que son directeur adjoint de campagne aurait été enlevé par des inconnus à Conakry, un fait qu’il considère comme une preuve supplémentaire de l’environnement tendu dans lequel se déroule la campagne.
Dr Faya Millimouno plaide enfin pour un traitement équitable de tous les candidats, rappelant qu’ils ont chacun versé une caution de 900 millions de francs guinéens. Il déplore également les conditions de sécurité mises à sa disposition. « On nous a affecté une équipe de sécurité sans aucun moyen. Ces agents m’ont même demandé de payer leur transport retour, ce que je ne comprends pas », a-t-il regretté.
Dans un climat politique déjà fragile, ces dénonciations relancent le débat sur l’équité du processus électoral et la crédibilité du scrutin présidentiel à venir.
Doura



