Mali : le Jnim revendique une double attaque jihadiste à Bamako contre une école de gendarmerie et une base militaire

Mali : le Jnim revendique une double attaque jihadiste à Bamako contre une école de gendarmerie et une base militaire

18 septembre 2024 Non Par Doura

 

Au Mali, le calme revient progressivement à Bamako après la double attaque jihadiste menée le mardi 17 septembre par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), lié à al-Qaïda. Les cibles étaient une école de gendarmerie et une base militaire située à l’aéroport de la capitale. Après l’annulation des vols civils mardi, le trafic aérien a pu reprendre dès mercredi 18 septembre.Les autorités de transition maliennes affirment que la situation est désormais « sous contrôle », mais n’ont fourni aucun bilan précis des pertes humaines ou matérielles. Selon l’agence d’État l’Essor, « les forces de défense et de sécurité ont déjoué des attaques terroristes », tandis que des sources sécuritaires et civiles évoquent un bilan humain bien plus lourd : une trentaine de gendarmes et soldats tués et plusieurs dizaines de blessés, hospitalisés dans la capitale. Dans ses messages, le Jnim revendique « une centaine » de victimes et affirme avoir infligé « de lourdes pertes aux mercenaires de Wagner ».

Dégâts matériels importants

L’école de gendarmerie a été partiellement incendiée, et le groupe jihadiste a occupé pendant plusieurs heures la base militaire 101. Dans ses vidéos de propagande, le Jnim montre des tirs sur des véhicules, l’incendie d’un 4×4 et du réacteur d’un avion présidentiel, ainsi que des attaques sur un avion humanitaire des Nations unies. Six aéronefs, dont un drone, auraient été détruits, et plusieurs autres endommagés, ainsi que des dizaines de véhicules blindés. Le groupe indique que ses dix membres participants sont tous morts et que les personnes interpellées par les forces maliennes n’ont aucun lien avec lui.

Le chef d’état-major des armées maliennes, le général Oumar Diarra, a promis des enquêtes pour retrouver d’éventuels complices et a appelé à éviter tout amalgame susceptible de provoquer des représailles à caractère communautaire.

Réactions et appels au calme

Après les attaques, certains habitants ont tenté d’identifier des suspects, entraînant la mort d’au moins un homme lynché par la foule. L’ancien Premier ministre malien Moussa Mara a condamné le terrorisme et appelé à ne pas céder à la panique ni à l’amalgame, soulignant que « la force du Mali réside dans sa cohésion sociale et sa diversité ».

La Cédéao a également publié un communiqué pour « condamner les attaques terroristes contre des installations militaires à Bamako » et présenter ses « sincères condoléances » au gouvernement et au peuple malien. À ce stade, aucune autre réaction internationale majeure n’a été enregistrée, notamment de la part des Nations unies.


Yayé Barry