Mali : Attaque à Mopti, blocus jihadiste à Kayes et camions-citernes incendiés à Sikasso

Mali : Attaque à Mopti, blocus jihadiste à Kayes et camions-citernes incendiés à Sikasso

7 septembre 2025 Non Par Doura
 

Au Mali, la situation sécuritaire reste tendue après une série d’incidents survenus samedi 6 septembre 2025. Les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affiliés à al-Qaïda, poursuivent le blocus imposé sur les villes de Kayes et Nioro du Sahel dans le sud-ouest du pays. À Sikasso, trois camions-citernes ont été incendiés, tandis qu’une attaque armée a frappé la ville de Mopti, dans le centre du Mali.

Une attaque violente à Mopti

Selon des sources locales et sécuritaires, l’attaque s’est produite aux alentours de 22 heures. Un groupe de jihadistes à moto a ouvert le feu sur le commissariat de police situé à l’entrée de Mopti, avant de traverser la ville en direction du sud.

Les forces de sécurité maliennes ont riposté, provoquant des échanges nourris de tirs. Après plusieurs minutes d’affrontements, les assaillants ont pris la fuite. Le bilan provisoire fait état d’au moins deux morts et d’un troisième blessé grave, décédé possiblement de ses blessures. Les victimes se trouvaient dans un bâtiment voisin du commissariat, visé par erreur par les jihadistes.

Kayes et Nioro sous blocus jihadiste

Le JNIM maintient une forte pression dans le sud-ouest du pays. Dans une vidéo diffusée samedi, des jihadistes apparaissent devant un autocar immobilisé, réitérant leurs menaces contre les voyageurs et promettant de poursuivre le blocus.

La veille, six camionneurs sénégalais retenus en otage avaient été libérés. Malgré cela, la situation reste tendue, les jihadistes cherchant à paralyser les échanges économiques avec le Sénégal et la Mauritanie.

Sikasso : camions-citernes incendiés et routes contrôlées

À Sikasso, près des frontières ivoirienne et burkinabè, trois camions-citernes ont été incendiés. Cette attaque s’inscrit dans la stratégie du JNIM visant à empêcher l’importation de carburant sur le territoire malien.

Par ailleurs, les jihadistes ont bloqué pendant plusieurs heures la circulation entre Zantiguila et Kassela, à une cinquantaine de kilomètres à l’est de Bamako. Les véhicules ont été inspectés, mais les passagers ont finalement pu repartir.

Une stratégie de “guerre économique”

Pour Boubacar Ba, directeur du Centre d’analyse sur la gouvernance et la sécurité au Sahel (CAGS), le Mali fait face à “une nouvelle ère de guerre économique” :

“Les jihadistes cherchent à étouffer l’économie du pays, en coupant les axes de ravitaillement et en menaçant les corridors commerciaux avec le Sénégal et la Mauritanie. Leur objectif est clair : affaiblir l’État en paralysant les échanges et en terrorisant les populations.”

Silence des autorités

Pour l’instant, ni l’armée malienne ni les autorités de transition n’ont communiqué officiellement sur ces incidents. Ce silence contraste avec l’ampleur des événements et nourrit l’inquiétude des populations face à la montée en puissance des jihadistes dans plusieurs régions du Mali.