Les routiers sénégalais suspendent les trajets vers le Mali à cause de l’insécurité
20 mai 2026L’insécurité grandissante au Mali commence à avoir de lourdes conséquences sur les échanges commerciaux dans la sous-région. L’Union des routiers du Sénégal (URS) a lancé un appel fort aux chauffeurs sénégalais : suspendre temporairement les trajets routiers entre Dakar et Bamako en raison de la multiplication des attaques terroristes visant les transporteurs.
Depuis plusieurs semaines, les combattants du JNIM intensifient leurs offensives contre les convois routiers, notamment les camions de marchandises empruntant les axes reliant le Sénégal au Mali. Plusieurs véhicules auraient été incendiés lors de ces attaques, provoquant une vive inquiétude chez les transporteurs.
Onze camions sénégalais incendiés
Le secrétaire général de l’Union des transporteurs routiers du Sénégal, Gora Khouma, tire la sonnette d’alarme. Selon lui, au moins onze camions sénégalais ont été brûlés depuis l’attaque de Kati.
Face à cette situation jugée extrêmement dangereuse, l’URS recommande aux chauffeurs déjà engagés sur le territoire malien de rebrousser chemin si possible ou de rester immobilisés pour éviter de nouvelles pertes humaines et matérielles.
Le responsable syndical insiste sur le fait que les transporteurs ne souhaitent pas s’impliquer dans les questions politiques ou sécuritaires du Mali. Leur priorité demeure la protection de leurs vies et de leurs activités économiques.
Des risques pour l’approvisionnement du Mali avant la Tabaski
Cette suspension des trajets pourrait avoir des conséquences importantes sur l’approvisionnement du Mali, particulièrement à l’approche de la Tabaski. Plusieurs produits essentiels comme le riz, le sucre, la farine ou encore l’huile transitent habituellement par le port de Dakar avant d’être acheminés vers Bamako.
Malgré les enjeux économiques, les routiers sénégalais estiment que la situation actuelle ne permet plus de garantir leur sécurité sur les routes maliennes.
« Nous voulons continuer à approvisionner le Mali parce que c’est notre gagne-pain et parce que nos peuples sont liés. Mais nous ne pouvons pas sacrifier nos vies », expliquent les responsables de l’URS.
Un climat sécuritaire de plus en plus préoccupant
La recrudescence des attaques terroristes dans plusieurs zones du Mali inquiète désormais les acteurs du transport et du commerce ouest-africains. Cette crise sécuritaire menace non seulement les échanges économiques régionaux, mais aussi la circulation des biens essentiels entre les pays voisins.
Si la situation ne s’améliore pas rapidement, les perturbations du trafic routier entre Dakar et Bamako pourraient entraîner des difficultés d’approvisionnement et une hausse des prix sur certains produits de grande consommation.
Moussa Fall



