
C’est le deuxième service du régime Mamadi Doumbouya qui, on l’imagine bien, sera tout sauf amaigrissant. Notre nouveau mangué a à peine achevé la nouvelle mouture de son gouvernement que la table est déjà dressée. C’est l’heure du repas, des courbettes et des salamalecs. L’odeur du diamant rend fou. Mais on n’a pas besoin d’aller jusqu’au diamant pour mesurer la légendaire bassesse du Guinéen. Un bourakhé fumant lui suffit pour mettre le genou à terre et se couvrir de poussière comme cela se faisait naguère dans la cour du Moro-Naba.
Cette fois-ci, les Guinéens ne se sont pas contentés de s’offrir un nouveau dictateur, ils se sont trouvé un nouveau dieu, maître de leurs destins, propriétaire de l’eau, de l’air, du diamant et du fer. Il s’appelle Mamadi Doumbouya et c’est la course effrénée aux superlatifs pour qualifier cet être exceptionnel, cette nouvelle idole du panthéon noir. Les nouveaux promus roucoulent de plaisir et ne savent quels mots trouver pour exprimer au Tout-Puissant, leur déférence et leur gratitude. Les éconduits en sont presque à le remercier de les avoir foutus dehors à coups de pied au cul, espérant secrètement bénéficier prochainement d’un poste de planton ou de conseiller. Les zélés de la doumboumania qui se retrouvent sans fauteuil et sans strapontin alors qu’ils n’ont pas arrêté de mouiller le maillot, multiplient les couplets de louanges pour se rappeler au bon souvenir du chef, guignant, la bave aux lèvres, un point de chute dans une sous-préfecture ou une lointaine ambassade.
Jamais depuis Sékou Touré, le pays n’a connu autant de flagorneries. Qui c’est, le plus beau ? Qui c’est, le plus fort ? Qui c’est, le plus doué, le plus noble, le plus magnanime ? C’est Mamadi Doumbouya ! Tous les Guinéens sont devenus griots. Les Kouyaté et les Diabaté devraient porter plainte pour concurrence déloyale.
Tierno Monénembo
Source : lelynx.net



