Iyad Ag Ghali : du chef rebelle touareg à l’émir djihadiste du Sahel

Iyad Ag Ghali : du chef rebelle touareg à l’émir djihadiste du Sahel

28 avril 2026 Non Par LA RÉDACTION

Figure centrale des violences qui secouent le Sahel, Iyad Ag Ghali s’est imposé au fil des décennies comme l’un des acteurs les plus influents et redoutés des groupes armés dans la région.
Un ancien rebelle touareg devenu stratège du djihad
Originaire du nord du Mali et issu de la tribu des Ifoghas, Iyad Ag Ghali s’illustre d’abord comme leader de la rébellion touareg des années 1990. Formé militairement en Libye sous Mouammar Kadhafi, il participe à plusieurs conflits avant de lancer en 1990 le Mouvement populaire pour la libération de l’Azawad (MPLA), marquant le début d’une insurrection durable dans le nord malien.
Au début des années 2000, il joue un rôle d’intermédiaire entre Bamako et des groupes islamistes, avant d’opérer un virage idéologique vers un islam rigoriste. Cette évolution le conduit progressivement vers le djihadisme armé.
Chef du JNIM et architecte des alliances djihadistes
En 2017, il prend la tête du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, une coalition affiliée à Al-Qaïda. Ce groupe regroupe plusieurs factions, dont Ansar Dine et la Katiba Macina dirigée par Amadou Koufa.
Sous son commandement, le JNIM étend son influence au Mali, au Burkina Faso et au Niger, multipliant attaques, embuscades et opérations coordonnées contre les armées nationales et leurs alliés.
Un acteur clé des crises sécuritaires récentes
L’ombre d’Iyad Ag Ghali plane sur les attaques récentes menées conjointement avec le Front de libération de l’Azawad, notamment à Kidal, Ségou et Sévaré. Ces offensives marquent une intensification de la pression sur les forces maliennes.
L’attaque de la forteresse de Kati, près de Bamako, a particulièrement marqué les esprits avec la mort du ministre de la Défense Sadio Camara, illustrant la capacité des groupes armés à frapper des cibles hautement sécurisées.
Un chef insaisissable
Considéré comme un stratège habile et un leader charismatique, Iyad Ag Ghali a survécu à de nombreuses opérations militaires, notamment celles menées dans le cadre des opérations françaises Serval et Barkhane. Sa tête est mise à prix par les États-Unis, mais il demeure introuvable.
Son parcours, entre rébellion touareg, diplomatie et djihadisme, illustre la complexité des dynamiques sécuritaires au Sahel, où alliances et rivalités évoluent au rythme des crises.

Doura