Procès du 28 septembre : Marcel Guilavogui évoque un lien communautaire entre Dadis et Thiégboro

Procès du 28 septembre : Marcel Guilavogui évoque un lien communautaire entre Dadis et Thiégboro

19 juillet 2023 Non Par Doura

Répondant à une question de la défense du colonel Moussa Thiégboro Camara, le capitaine Marcel Guilavogui a affirmé, sans détour, que la nomination de ce dernier au poste de ministre sous le magistère du capitaine Moussa Dadis Camara reposait sur un lien communautaire. Selon lui, les deux hommes appartiennent à la même communauté dénommée « Konia ».

Cette déclaration a été faite dans l’après-midi du mardi 18 juillet 2023, devant le tribunal de Dixinn, exceptionnellement délocalisé dans l’enceinte de la Cour d’appel de Conakry, sous la présidence du magistrat Ibrahima Sory II Tounkara.

Abordant le rôle présumé du colonel Moussa Thiégboro Camara dans la répression sanglante du 28 septembre 2009 au stade du 28 Septembre, le capitaine Marcel Guilavogui a tenu à préciser la nature des relations entre les deux anciens dignitaires du CNDD.
« Le capitaine Moussa Dadis Camara a choisi le colonel Moussa Thiégboro Camara comme ministre parce qu’il est son parent. C’est ce que j’ai finalement compris. Ils sont tous Konia », a-t-il déclaré à la barre.

Poursuivant son témoignage, l’accusé a soutenu que le colonel Thiégboro nourrissait des ambitions de prise de pouvoir après que le président Moussa Dadis Camara a été grièvement blessé par son aide de camp, le commandant Aboubacar Toumba Diakité, lors de l’attaque survenue au camp Koundara.

Le capitaine Marcel Guilavogui a également rappelé que le colonel Moussa Thiégboro Camara avait été blessé lors de l’explosion d’une grenade au bataillon d’Artillerie. « C’est cet incident qui a justifié son évacuation à l’étranger en compagnie du président Dadis pour recevoir des soins », a-t-il expliqué, s’interrogeant sur la présence d’un ministre chargé de la lutte antidrogue au sein d’une unité d’artillerie en pleine agitation militaire.

Pour cet officier de l’armée guinéenne, la présence du colonel Thiégboro Camara — de surcroît gendarme — au bataillon d’Artillerie, considéré comme une force de frappe stratégique, traduisait clairement une volonté de s’emparer du pouvoir.

« Le soldat en poste au portail du bataillon a signifié au colonel Moussa Thiégboro Camara qu’aucun corps étranger ne devait pénétrer dans l’enceinte à cette heure. C’était formellement interdit », a témoigné Marcel Guilavogui, avant de conclure que cette démarche s’inscrivait, selon lui, dans une logique de conquête du pouvoir après les tirs visant le président Dadis.

Douada Bah