Réputée être le château d’eau de l’Afrique de l’Ouest, la Guinée est pourtant confrontée dans ses pôles urbains, dont au premier chef Conakry, à un déficit structurel d’accès à une eau de qualité pour ses habitants. Il faudra du temps pour une mise à niveau effective pour la population de l’agglomération capitale, mais le projet de modernisation et d’extension de la fourniture en eau potable de Conakry est désormais sur les rails. À l’étude par les pouvoirs publics et la Banque mondiale depuis plus de cinq ans, ce programme a connu plusieurs versions successives, à chaque fois plus importantes, pour parvenir à l’épure actuelle réalisée sous la supervision de Mory Condé, ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, et du ministre de l’Énergie, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures, Aboubacar Camara.
Encadré aussi par les équipes de la Banque mondiale, le Schéma directeur d’alimentation en eau potable du Grand Conakry cumulera les investissements (plus de 500 millions d’euros pour la phase 1) et les financements. En termes de projet, le chantier porte sur l’ensemble des étapes de l’alimentation en eau potable de l’agglomération : captage et production, traitement, stockage et distribution. Il vise, pour sa phase 1, à réduire de 80% le déficit d’accès à l’eau potable du Grand Conakry. Côté production, cette phase doit permettre d’augmenter la capacité de production de 200 000 m³ par jour pour atteindre un total 350 000 m³ par jour d’ici cinq ans. Une grande partie du chantier portera sur le réseau primaire et secondaire, sans compter les très nombreuses actions à caractère social.
Le programme comprend également un appui, en vue de son redressement durable, à l’entreprise publique Société des eaux de Guinée, qui connaît des difficultés financières structurelles. Du côté du financement, le gouvernement de Mamadi Doumbouya fait carton plein. Le 4 avril dernier, la Banque mondiale a approuvé définitivement un don de 200 millions de dollars, via sa filiale l’IDA. À ceci s’ajoute un très fort soutien côté européen avec un prêt de la Banque européenne d’investissement de 220 millions d’euros et une subvention de l’Union européenne de 26 millions d’euros. Le Fonds pour l’environnement mondial contribuera pour sa part au projet avec un don de 10,09 millions de dollars, auquel s’ajoute un apport de 15 millions de dollars de l’Etat guinéen mobilisé auprès d’autres partenaires.
Dans le cadre de la phase 2 du projet, le gouvernement a, par ailleurs, fait état, le 22 avril dernier, d’une annonce majeure. Il s’agit de l’approbation d’un financement supplémentaire de 500 millions d’euros, grâce à une facilité de crédit structurée par Euler Hermes au nom de Deutsche Bank, pour le compte du groupe indien KEC International, maître d’œuvre désigné. En attendant, cette deuxième étape, et pour éviter la dispersion, les financements combinés de l’IDA et des partenaires bailleurs internationaux comme la BEI « seront mis en œuvre conjointement dans le cadre d’une opération unique avec des dispositions institutionnelles partagées pour l’exécution des activités du projet« , précise la Banque mondiale. Celle-ci est également chargée de piloter selon ses procédures les très nombreux appels d’offres en cours ou à venir sur ce projet XXL. Ces appels d’offres portent bien sûr sur les importants travaux de génie civil et de raccordement, la réalisation des études techniques et environnementales, mais aussi sur des programmes économiques et sociaux dans le grand Conakry.
De premiers contrats ont été signés depuis l’an dernier. Parmi les attributaires figurent plusieurs PME et groupes français d’ingénierie et de conseil comme Cabinet Merlin, le groupement ad hoc Nodalis – BRL Ingénierie – Ingexpro ou encore Artelia.
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