Cellou Dalein Diallo revient à RFI sur la situation en Guinée

Cellou Dalein Diallo revient à RFI sur la situation en Guinée

12 janvier 2026 Non Par LA RÉDACTION

Le chef de l’opposition guinéenne, Cellou Dalein Diallo, ne mâche pas ses mots. Dans un entretien accordé à RFI, le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) affirme que l’élection présidentielle du 28 décembre 2025 ne marque en rien un retour à l’ordre constitutionnel, mais constitue plutôt une prolongation du régime d’exception dirigé par le général Mamadi Doumbouya.
Depuis son exil à Abidjan, où il vit depuis trois ans, l’ancien Premier ministre rejette l’appel au rassemblement lancé par le chef de l’État nouvellement proclamé. Tout en se disant partisan du dialogue politique, Cellou Dalein Diallo pose des conditions claires : un dialogue ne peut être envisagé, selon lui, que s’il vise un retour effectif à l’ordre constitutionnel, la restauration des libertés publiques et une meilleure protection des droits humains. Or, estime-t-il, la Guinée est aujourd’hui privée de démocratie. « Il n’y a pas eu de vote, ni lors du référendum ni lors de la présidentielle. C’était une mascarade », affirme-t-il, dénonçant une confiscation du pouvoir « par la ruse et la violence ».
Une participation électorale contestée
Face aux chiffres officiels annonçant un taux de participation supérieur à 80 %, y compris dans les bastions de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo oppose une tout autre réalité. Selon lui, la participation n’a jamais dépassé 30 % sur l’ensemble du territoire, et serait même tombée sous la barre des 20 % dans certaines localités comme Labé. Il attribue cette faible mobilisation au boycott massif observé par la population, suivant les consignes des Forces vives, une coalition de partis d’opposition et d’organisations de la société civile.
L’exil et la peur comme obstacles politiques
Interrogé sur son absence du fichier électoral, qui l’a empêché d’être candidat, l’opposant réfute l’argument du gouvernement selon lequel il aurait dû rentrer à Conakry pour s’inscrire. Il évoque un climat de répression et de peur, rappelant les enlèvements d’activistes comme Foniké Menguè et Billo Bah, la détention de journalistes critiques et la mort du général Sadiba Koulibaly, présentée comme survenue sous la torture. Dans ce contexte, dit-il, son retour aurait été synonyme de mise à l’écart, voire de danger physique.
L’UFDG menacée de dissolution
À quelques mois de mai 2026, l’UFDG est sous la menace d’une dissolution si elle ne tient pas son congrès. Une perspective que Cellou Dalein Diallo juge purement politique. Il accuse les autorités d’avoir interdit à plusieurs reprises la tenue de ce congrès, avant de reprocher ensuite au parti de ne pas l’avoir organisé. « Il y a une volonté claire de neutraliser, voire de détruire l’UFDG », déplore-t-il.
« La lutte va continuer »
Même en cas de dissolution de son parti et d’un exil prolongé, Cellou Dalein Diallo se veut combatif. Il affirme que la lutte politique se poursuivra par des voies légales, porté par ce qu’il qualifie de désaveu populaire du régime. Selon lui, le pouvoir de transition est isolé, dépourvu de légitimité et fragilisé par des violations répétées des droits de l’homme.
Pour l’opposant, le scrutin du 28 décembre ne constitue qu’une nouvelle transition, loin d’un véritable retour à l’ordre constitutionnel. « Ce climat de terreur ne peut pas durer éternellement », conclut-il, convaincu que la confiscation du pouvoir finir