Gbessia : un enfant de 11 ans tué par balle en se rendant à son école coranique
13 novembre 2025
Conakry, 11 novembre 2025 – Un drame a secoué le quartier Dar-Es-Salam 3, dans la commune de Gbessia. Alpha Ousmane Diallo, âgé de 11 ans, a été mortellement atteint par balle lors d’un affrontement entre jeunes et forces de l’ordre. L’enfant, qui se rendait paisiblement à son école coranique, a reçu une balle en plein cœur.
Selon plusieurs témoins, Alpha Ousmane aurait croisé un groupe de militaires sur le chemin de son école. L’un d’eux aurait ouvert le feu. Des jeunes du quartier ont tenté de le secourir en le transportant d’urgence à l’hôpital Jean-Paul II, où les médecins n’ont pu que constater son décès.
Le lendemain, dans la famille endeuillée, la douleur était immense. Sa mère, Kadiatou Diallo, encore sous le choc, raconte :
« Alpha Ousmane ne m’a jamais contredit. Il allait à l’école et mémorisait le Coran. Ce jour-là, il était férié, il est parti à 7h30 à son école coranique et est revenu à 13h. Après la prière de 14h, nous avons mangé ensemble. Il s’est lavé, a fait ses ablutions et est reparti. C’est sur le chemin qu’il a croisé ses agresseurs. On m’a appelée pour m’annoncer qu’il avait reçu une balle et qu’il était mort. J’ai pardonné à mon fils, mais je ne pardonnerai jamais à celui qui lui a tiré dessus. »
Son oncle, Mamadou Adama Diallo, précise que la balle a transpercé le corps du garçon :
« Son frère m’a informé qu’il avait fait un accident. À l’hôpital, j’ai découvert le corps de mon neveu. Il a été touché dans le dos, la balle est ressortie par le devant. C’est bien un tir de militaire. Nous demandons aux autorités de protéger la population, car c’est leur rôle. »
Quant au père de la victime, Mamadou Alpha Diallo, il exprime son amertume :
« Ces hommes en tenue sont censés nous protéger. S’ils se mettent à tuer la population, que pouvons-nous dire ? Ils ont les armes, mais seul Dieu est fort. »
Alpha Ousmane Diallo a été inhumé le mercredi 12 novembre au cimetière de Bambéto, dans la commune de Ratoma. Son nom s’ajoute tristement à la longue liste des jeunes tombés sous les balles sur l’axe Hamdallaye–Bambéto.
Yayé Barry



