Cellou Dalein Diallo démonte les “contre-vérités” de Sékouba Konaté sur l’affaire Air Guinée

Cellou Dalein Diallo démonte les “contre-vérités” de Sékouba Konaté sur l’affaire Air Guinée

16 octobre 2025 Non Par Doura

 

Accusé par le général Sékouba Konaté d’avoir trempé dans la vente d’Air Guinée et d’avoir échappé à la prison grâce à lui, l’ancien Premier ministre et président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, sort de son silence.
Dans un entretien exclusif accordé à Guinee7.com, le leader de l’opposition guinéenne répond point par point aux accusations de l’ex-homme fort de la transition, qu’il qualifie de “purement mensongères”.


« Tout ce qu’il a dit, ce sont des contre-vérités »

Revenant sur les déclarations de Sékouba Konaté selon lesquelles il aurait dû être emprisonné pour la vente d’Air Guinée, Cellou Dalein Diallo balaie ces propos d’un revers de main.

« Tout ce qu’il a dit, c’est des contre-vérités. Je n’ai jamais signé un document, je n’ai jamais reconnu quoi que ce soit. Dans l’affaire Air Guinée, je n’ai jamais été interrogé », affirme-t-il.

L’ancien ministre de l’Équipement et des Transports insiste : aucun inspecteur chargé de l’audit ne l’a convoqué, ni au moment des faits ni par la suite.

« Je ne peux pas signer un dossier sur lequel je n’ai jamais été entendu. À l’époque, je n’ai été accusé de rien. Les accusations sont venues bien plus tard, sous le CNRD », précise-t-il.


« Je n’ai jamais été interrogé ni poursuivi »

Réagissant à la version du général Konaté selon laquelle il aurait reconnu sa responsabilité devant l’agent judiciaire de l’État, Alfred Matos, Cellou Dalein dément formellement :

« Jamais ! Matos ne m’a jamais interrogé, jamais convoqué. Je n’ai rien reconnu parce que je n’ai rien à reconnaître. »

Selon lui, aucune procédure judiciaire ne l’a jamais visé, ni sous les régimes d’Alpha Condé, ni de Moussa Dadis Camara, ni de Sékouba Konaté.

« C’est seulement avec l’arrivée du CNRD qu’on a commencé à parler de “blanchiment”, “détournement” ou “corruption”. Avant cela, je n’ai jamais eu le moindre problème judiciaire », déclare-t-il.


Un rapport d’audit “truqué pour me trouver un grief”

Cellou Dalein Diallo conteste également la véracité du rapport d’audit mené à l’époque par l’économiste Ousmane Kaba, qui l’aurait incriminé dans la vente d’Air Guinée à l’homme d’affaires Mamadou Sylla.

« Ousmane Kaba a produit un rapport affirmant que j’avais vendu Air Guinée sans appel d’offres. C’est totalement faux », soutient-il.

Il précise que la privatisation d’Air Guinée avait été approuvée par le Conseil des ministres et confiée au ministère des Finances, sans aucune implication de son département des Transports.

« Aucun cadre de mon ministère ne figurait dans la commission chargée de l’opération. Mais dans les conclusions, ils ont quand même dit que j’avais décidé tout seul, juste pour me trouver un grief », ajoute-t-il, avant de préciser n’avoir pris connaissance de ce rapport qu’en 2022.


« Sous le CNRD, j’ai été accusé de tout »

L’opposant affirme que ce n’est que sous la junte actuelle, le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD), qu’il a été convoqué dans le cadre de nouvelles procédures.

« Alors que j’étais à l’extérieur du pays, on a lancé des convocations parlant de blanchiment d’argent, détournement de fonds publics, corruption… Mais tout cela n’a rien à voir avec l’affaire Air Guinée », assure-t-il.

Pour Cellou Dalein Diallo, ces accusations s’inscrivent dans une volonté politique de ternir son image à la veille des échéances électorales.


Un dossier toujours controversé

La vente d’Air Guinée, intervenue au début des années 2000, demeure l’un des dossiers économiques les plus controversés de la transition guinéenne. Si certains y voient une privatisation précipitée et opaque, d’autres, comme Cellou Dalein Diallo, y perçoivent une opération menée dans le cadre légal par le gouvernement d’alors.

Plus de vingt ans après, l’affaire continue de susciter des tensions entre anciens responsables de l’État, au moment où la Guinée cherche encore à solder son passé politico-économique.


Doura