CRIEF : les huissiers Aboubacar Camara et Alhassane Bah nient les faits reprochés

CRIEF : les huissiers Aboubacar Camara et Alhassane Bah nient les faits reprochés

22 octobre 2026 Non Par LA RÉDACTION

Le président de la Chambre nationale des huissiers de justice de Guinée, Maître Aboubacar Camara, et son co-prévenu, Maître Alhassane Bah, ont comparu le mercredi 21 octobre 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Poursuivis dans une affaire opposant la société GPMS SARL à ces deux auxiliaires de justice, ils ont contesté les accusations portées contre eux. L’audience a été renvoyée au 26 octobre prochain.
Les deux prévenus sont poursuivis pour des faits présumés de corruption, abus de confiance, concussion, entrave au bon fonctionnement de la justice, association de malfaiteurs, faux et usage de faux commis en bande organisée et complicité. La procédure fait suite à une plainte de la société GPMS SARL, représentée par son gérant, Kabinet Diané.
Aboubacar Camara conteste les accusations
Appelé à la barre pour décliner son identité, Maître Aboubacar Camara a indiqué être né le 15 janvier 1960 à Mamou. Fils de feu Oumar Camara et de feue Fatoumata Camara, il réside à Sonfonia, est marié et père de deux enfants.
Interrogé sur les faits, le président de la Chambre nationale des huissiers de justice a rejeté les accusations formulées contre lui par la société plaignante.
Selon ses explications, les faits remontent à 2023, période au cours de laquelle il affirme avoir instrumenté deux actes de sommation portant sur plus de trois milliards de francs guinéens, ainsi qu’un acte de saisie de biens au profit de GPMS SARL.
Il soutient avoir agi à la demande de cette société et s’étonne, par conséquent, de faire l’objet d’une plainte déposée par cette même partie à la suite des actes qu’il affirme avoir accomplis pour son compte.
Au cours des débats, Kabinet Diané a affirmé que Maître Aboubacar Camara avait reçu des sommes d’argent. Toutefois, les éléments rapportés de l’audience ne permettent pas d’établir qu’il a produit des preuves à l’appui de cette affirmation.
Le plaignant a également évoqué les mesures conservatoires, estimant que l’argent était récupéré par l’huissier. Ce point a été abordé dans le cadre des échanges devant la juridiction.
Alhassane Bah affirme n’avoir accompli qu’un seul acte
Le deuxième prévenu, Maître Alhassane Bah, né en 1985 à Boké, a également rejeté les faits qui lui sont reprochés. Fils de Yaya Bah et de Lamarana Touré, il a contesté toute implication dans les agissements dénoncés par le représentant de GPMS SARL.
À la barre, il a déclaré avoir rencontré Kabinet Diané pour la première fois lors de cette audience devant la CRIEF.
Selon sa version, son intervention dans cette affaire se serait limitée à la signification d’une convocation à Kabinet Diané, à la demande du commissariat central de Kaporo.
De son côté, le plaignant a maintenu ses accusations contre les deux huissiers, soutenant leur responsabilité dans cette affaire.
La défense soulève la distinction entre le gérant et la société
Les avocats de la défense ont, pour leur part, insisté sur la nécessité de distinguer la personne physique de Kabinet Diané de la personne morale que constitue la société GPMS SARL.
Cette distinction a été soulevée au cours des débats, alors que le gérant de la société plaignante a comparu sans être assisté d’un avocat.
L’affaire n’a pas encore livré son issue. La CRIEF a renvoyé l’audience au 26 octobre 2026 pour la poursuite des débats et, éventuellement, l’ouverture des réquisitions du ministère public et des plaidoiries de la défense.

Doura