Sénégal : Ousmane Sonko et le Pastef contestent le budget rectificatif

Sénégal : Ousmane Sonko et le Pastef contestent le budget rectificatif

20 octobre 2026 Non Par LA RÉDACTION

 

Le parti au pouvoir au Sénégal, les Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef), refuse de valider en l’état le projet de loi de finances rectificative pour 2026. Son président, Ousmane Sonko, a annoncé cette position le lundi 19 octobre, à l’issue d’une réunion des cadres du parti.
Avec 130 députés sur les 165 que compte l’Assemblée nationale, le Pastef dispose d’une majorité absolue. Sa position pourrait donc peser dans l’examen du texte budgétaire déposé le 18 septembre dernier.
Le projet prévoit un déficit budgétaire équivalant à 7,6 % du produit intérieur brut (PIB), dans un contexte marqué par la découverte d’une dette publique dissimulée et par des négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) en vue d’un nouveau programme de financement.
Ousmane Sonko dénonce la réduction des subventions
Au cours d’un point de presse, Ousmane Sonko a particulièrement critiqué la réduction prévue des subventions aux produits pétroliers. Selon lui, le projet de loi prévoit une diminution progressive de ces aides, avec des conséquences potentielles sur les prix à la pompe.
Pour l’année 2026, les subventions aux produits pétroliers devraient être limitées à 552 milliards de francs CFA, contre 790 milliards initialement prévus, soit une baisse d’environ 30 %.
Ousmane Sonko a notamment évoqué une possible hausse du prix du diesel, qui passerait de 755 à près de 867 francs CFA le litre, selon les chiffres avancés lors de sa déclaration.
Le dirigeant du Pastef estime que cette mesure ferait peser une charge supplémentaire sur les populations, déjà confrontées à des difficultés économiques. Il critique également le fait que les économies réalisées puissent servir à couvrir les conséquences de la dette dissimulée.
Le Pastef laisse la porte ouverte aux négociations
Malgré ses réserves, Ousmane Sonko n’a pas annoncé un rejet définitif du texte. Il a plutôt posé une condition : le maintien des dispositions contestées conduirait son parti à voter contre le projet.
Le président du Pastef a ainsi affirmé que sa formation politique restait ouverte à des discussions avec le gouvernement afin de parvenir à un compromis.
Cette prise de position intervient alors que le Sénégal cherche à assainir ses finances publiques et à négocier un nouveau programme d’aide avec le FMI. Le 1er septembre, Dakar avait conclu un accord de financement en vue d’un programme de 2,2 milliards de dollars sur 36 mois.
La dette publique sénégalaise, dont une partie n’avait pas été déclarée, représentait 132 % du PIB à la fin de l’année 2024, selon les données citées dans le débat sur les finances publiques.
L’évolution des discussions entre le Pastef et le gouvernement sera déterminante pour la suite de l’examen de la loi de finances rectificative pour 2026.

Yayé Barry