Yémen : les Houthis contrôlent la côte de la mer Rouge, les tensions s’intensifient

Yémen : les Houthis contrôlent la côte de la mer Rouge, les tensions s’intensifient

12 septembre 2026 Non Par LA RÉDACTION

La situation se tend davantage au Yémen après l’offensive éclair menée cette semaine par les rebelles houthis. Le mouvement affirme désormais contrôler l’ensemble de la côte yéménite bordant la mer Rouge, après avoir pris les dernières positions stratégiques dans le détroit de Bab el-Mandeb.
Selon un responsable du gouvernement yéménite, les Houthis se sont emparés vendredi de l’île de Perim, située dans ce détroit stratégique reliant la mer Rouge au golfe d’Aden. Le mouvement rebelle affirme toutefois que la navigation reste sûre dans la zone pour les compagnies maritimes, à l’exception des navires saoudiens.
Face à cette progression, les forces gouvernementales yéménites, soutenues par l’Arabie saoudite, tentent de reprendre les territoires perdus. Riyad a notamment mené des frappes aériennes contre des positions contrôlées par les Houthis.
Deux frappes saoudiennes auraient notamment visé vendredi l’aéroport de Mokha, une ville tombée jeudi aux mains des rebelles. Les Houthis affirment également qu’une quarantaine de frappes ont été menées par l’Arabie saoudite.
Plus de 500 morts et des dizaines de milliers de déplacés
L’offensive des Houthis a provoqué d’importants déplacements de population. Selon l’ONG médicale Mehad, les combats ont fait plus de 500 morts en une semaine et entraîné le déplacement de plus de 46 000 personnes.
La progression des rebelles fait également peser de nouvelles inquiétudes sur la sécurité maritime et les exportations pétrolières de l’Arabie saoudite.
Le royaume a annoncé vendredi la fermeture temporaire de son oléoduc Est-Ouest, après une attaque de drones contre cette infrastructure stratégique. L’ouvrage permet notamment d’acheminer le pétrole vers la mer Rouge afin de réduire la dépendance au détroit d’Ormuz.
Réactions internationales
La crise provoque également des réactions diplomatiques. Le président américain Donald Trump a affirmé samedi que les Houthis avaient demandé aux États-Unis de ne pas intervenir dans le conflit.
De son côté, le président iranien Massoud Pezeshkian a estimé que le Moyen-Orient n’avait pas besoin d’un « gendarme » américain. Il a appelé les pays de la région à assurer eux-mêmes leur sécurité.
Réunis à New Delhi, les dirigeants des pays des Brics ont, pour leur part, appelé les parties à faire preuve de « retenue maximale » et à éviter toute action susceptible d’aggraver davantage les tensions au Moyen-Orient.
La situation reste particulièrement volatile, alors que les forces gouvernementales yéménites cherchent à reprendre l’initiative face aux Houthis et que les tensions régionales continuent de s’étendre.

Doura