Maison centrale de Conakry : le début de la démolition marque la fin d’une page d’histoire

Maison centrale de Conakry : le début de la démolition marque la fin d’une page d’histoire

22 août 2026 Non Par LA RÉDACTION

La démolition de la Maison centrale de Conakry a débuté ce samedi à Coronthie, en présence du ministre de l’Urbanisme. Un lieu chargé d’histoire disparaît ainsi du paysage de la capitale guinéenne.
Les machines sont désormais à l’œuvre. La Maison centrale de Conakry, également connue sous le nom de prison civile de Conakry, est en train d’être démolie ce samedi dans le quartier de Coronthie. La scène s’est déroulée en présence du ministre de l’Urbanisme.
Cette démolition marque un tournant majeur dans l’histoire pénitentiaire de la Guinée. Selon les informations disponibles, la prison ne devrait pas être reconstruite à cet emplacement, mettant ainsi définitivement fin à la présence de cet établissement dans le quartier.
Une prison chargée d’histoire
Construite durant la période coloniale, la Maison centrale est implantée dans le quartier de Coronthie, l’un des secteurs historiques de la capitale.
Selon certains récits historiques, le nom Coronthie serait lié à la présence allemande dans cette partie de Conakry. Les Allemands y auraient installé leurs comptoirs commerciaux. D’autres puissances européennes étaient également présentes dans les quartiers voisins : Boulbinet était associé aux Britanniques, tandis que Sandervalia était lié à la présence française.


Au fil des décennies, la Maison centrale est devenue bien plus qu’un simple établissement pénitentiaire. Elle a été le lieu de détention de plusieurs personnalités qui ont marqué l’histoire politique récente de la Guinée.
D’Alpha Condé à Dadis Camara
Parmi les anciens pensionnaires figure Alpha Condé, qui deviendra plusieurs années plus tard président de la République de Guinée. Arrêté à la fin de l’année 1998, l’ancien opposant y a passé près de deux années avant sa libération.
D’autres grandes figures politiques ont également connu les cellules de la Maison centrale. C’est notamment le cas de Bâ Mamadou, ancien dirigeant de l’UNR, mais aussi de Moussa Dadis Camara, ancien chef de la junte militaire, d’Ibrahima Kassory Fofana, ancien Premier ministre, et d’Amadou Damaro Camara, ancien président de l’Assemblée nationale.
La disparition de cette prison constitue donc également la disparition d’un lieu associé à plusieurs épisodes majeurs de l’histoire politique guinéenne.
Les détenus transférés vers d’autres établissements
La démolition intervient quelques jours seulement après le déplacement des détenus qui occupaient encore les lieux. Ils ont été répartis entre les établissements pénitentiaires de Coyah et de Forécariah.
En parallèle, un nouvel établissement pénitentiaire est en construction à Yorokoguia, dans la préfecture de Dubréka. Le projet est engagé depuis plusieurs années et doit contribuer à moderniser les infrastructures carcérales du pays.
Avec l’entrée en action des engins ce samedi, c’est donc une page importante de l’histoire de Conakry qui est en train de se tourner. La Maison centrale, qui aura marqué plusieurs générations de Guinéens, s’efface progressivement du paysage de Coronthie.

Doura