Restitution du crâne de Bokar Biro Barry : la Guinée engage une procédure officielle auprès de la France
6 août 2026 Non Par LA RÉDACTIONLes autorités guinéennes franchissent une nouvelle étape dans leur politique de réappropriation du patrimoine historique national. Le gouvernement a officiellement demandé à la France la restitution du crâne de l’Almamy Bokar Biro Barry, dernier souverain du Fouta-Djalon, ainsi que de ceux de trois de ses compagnons de lutte.
L’annonce a été faite par le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussamoïse Sylla, qui a précisé que la demande officielle avait été adressée aux autorités françaises le 27 juillet. Cette initiative s’inscrit dans la volonté de la Guinée de récupérer des biens et vestiges historiques emportés durant la période coloniale.
Un dossier soutenu par un comité scientifique
Les recherches entreprises en collaboration avec les autorités françaises ont permis d’identifier les restes de l’Almamy Bokar Biro Barry, de son père, de son frère et de son chef de guerre. Tous sont actuellement conservés au Musée de l’Homme, à Paris.
Pour accompagner cette procédure, la Guinée a constitué un comité scientifique chargé de suivre le dossier et de préparer les différentes étapes de la restitution. Les autorités estiment que le processus pourrait durer entre un et deux ans.
Un symbole fort de la mémoire nationale
Figure emblématique de la résistance à la conquête coloniale française à la fin du XIXᵉ siècle, l’Almamy Bokar Biro Barry est considéré comme l’un des grands héros de l’histoire guinéenne. Après sa mort, son crâne avait été emporté en France, comme ceux de plusieurs résistants africains, où ils ont été conservés dans des collections publiques.
Pour les autorités guinéennes, leur retour représente un acte de justice historique, de reconnaissance de la mémoire nationale et de respect envers les héros ayant défendu la souveraineté du pays.
Une sépulture dans le respect des traditions
Le directeur du Musée national de Guinée, Mohamed Amirou Conté, a indiqué que les restes ne seront pas exposés au public après leur restitution. Ils feront l’objet d’une inhumation conformément aux traditions guinéennes.
Le choix du lieu de sépulture reste à déterminer. Deux options sont à l’étude : Conakry ou Timbo, ancienne capitale de l’État théocratique du Fouta-Djalon. Dans tous les cas, le gouvernement prévoit d’organiser des obsèques nationales afin de rendre un hommage solennel à l’Almamy Bokar Biro Barry et à ses compagnons.
Yayé Barry



