Vive tension en Haute Guinée au lendemain de ma fermeture des mines artisanales
9 juillet 2024Le gouvernement guinéen a décidé de suspendre temporairement les activités d’exploitation artisanale de l’or dans plusieurs préfectures aurifères, en raison de la campagne agricole en cours. Cette mesure suscite des inquiétudes chez de nombreux habitants de Siguiri, Mandiana, Dinguiraye et Kouroussa, où l’orpaillage constitue une importante source de revenus.
Dans ces localités, de nombreuses familles dépendent de l’exploitation artisanale de l’or depuis plusieurs générations. La suspension des activités fait ainsi craindre des conséquences économiques et sociales pour les communautés concernées.
La décision conjointe des ministres chargés des Mines, de l’Administration du territoire et de l’Environnement remet également en lumière les difficultés liées à l’encadrement de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle en Guinée.
Des conséquences environnementales préoccupantes
Au-delà des enjeux économiques, l’orpaillage artisanal soulève d’importantes préoccupations environnementales et agricoles. L’utilisation de substances toxiques, notamment le mercure, dans le traitement de l’or représente un risque pour les sols, les cours d’eau et la santé des populations.
Selon un rapport du ministère guinéen de l’Environnement cité dans les informations disponibles, environ 42,08 tonnes de mercure auraient été utilisées dans le secteur de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle en 2018, pour une production de 32,36 tonnes d’or.
Ces chiffres illustrent l’ampleur des défis liés à la gestion de cette activité, alors que les autorités cherchent à préserver les terres agricoles et les ressources naturelles.
Tensions signalées à Siguiri
À Siguiri, notamment dans la localité de Kintinia, la suspension des activités aurait provoqué des tensions entre des exploitants artisanaux et les dispositifs de sécurité installés autour des installations de la Société aurifère de Guinée (SAG).
Selon les informations rapportées, des exploitants artisanaux s’en seraient pris aux postes d’appui concernés. Le commerce tournerait au ralenti dans la zone, tandis que les forces de l’ordre restent mobilisées pour surveiller la situation.
Malgré la mesure de suspension, l’orpaillage se poursuivrait clandestinement dans certaines zones, selon des informations recueillies localement.
Entre nécessité de préserver la campagne agricole, protection de l’environnement et dépendance économique des communautés, les autorités guinéennes sont confrontées à un défi majeur : faire respecter la suspension tout en tenant compte des conséquences sociales pour les populations qui vivent de l’exploitation artisanale de l’or.
Moussa Diakité



