Urgent : le ministère de l’administration intime à l’UFDG de surseoir à son congrès
27 juin 2025Le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation (MATD) a demandé à l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) de suspendre l’organisation de son congrès extraordinaire, prévu le 6 juillet 2025. Dans une lettre adressée au président du parti, Cellou Dalein Diallo, le ministre Ibrahima Kalil Condé invoque notamment des risques de troubles à l’ordre public et le différend judiciaire concernant la réintégration d’Ousmane Gaoual Diallo.
Dans ce courrier référencé n° 0834/MATD/CAB/2025, le ministre indique avoir été saisi, le 20 juin, par le Mouvement des réformateurs de l’UFDG (MR-UFDG). Ce groupe conteste les conditions d’organisation du congrès et dénonce plusieurs irrégularités présumées dans le processus.
Des irrégularités présumées dans l’organisation du congrès
Selon les éléments transmis au ministère, le MR-UFDG reproche à la direction du parti de ne pas avoir respecté certaines dispositions des statuts et du règlement intérieur, notamment celles relatives aux délais de convocation, à la transmission des documents préparatoires et aux modalités de convocation d’un congrès extraordinaire.
Le mouvement dénonce également une modification de l’ordre du jour initial ainsi que l’exclusion de certains membres statutaires.
Parmi les principaux points de désaccord figure le cas d’Ousmane Gaoual Diallo, actuel ministre des Transports. Exclu de l’UFDG, il a obtenu une décision du Tribunal de première instance de Dixinn, rendue le 23 mai 2025, ordonnant sa réintégration au sein du parti.
Le ministre estime que la tenue du congrès dans les conditions actuelles pourrait soulever des difficultés juridiques, notamment au regard de la procédure engagée contre cette décision judiciaire.
Un délai de 48 heures accordé à l’UFDG
Dans sa lettre, Ibrahima Kalil Condé enjoint formellement à Cellou Dalein Diallo de suspendre toute initiative liée à l’organisation du congrès jusqu’à la mise en conformité du processus avec les textes du parti et à la clarification des litiges juridiques en cours.
Le ministre demande également à la direction de l’UFDG d’engager un dialogue avec les différentes sensibilités internes, dont le MR-UFDG, dans le cadre d’une commission paritaire destinée à favoriser un règlement du différend.
Le courrier accorde à la direction du parti un délai de 48 heures pour informer le ministère, par écrit, des mesures prises. À défaut, les services compétents pourraient prendre des dispositions supplémentaires, prévient le ministre.
Le congrès de l’UFDG dans l’incertitude
Cette injonction intervient alors que la direction de l’UFDG entendait tenir son congrès extraordinaire le 6 juillet. Elle place le parti face à une double difficulté : les contestations internes sur les modalités d’organisation de cette rencontre et le contentieux judiciaire lié à la réintégration d’Ousmane Gaoual Diallo.
La suite dépendra désormais de la réponse de la direction de l’UFDG et de l’évolution des procédures judiciaires en cours.
Yayé Barry



