UFDG: pourquoi Diouldé Bah a décidé de fuir la Guinée

UFDG: pourquoi Diouldé Bah a décidé de fuir la Guinée

5 septembre 2019 Non Par LA RÉDACTION

Conakry le 5 septembre 2019: Le pouvoir d’Alpha Condé accentue la répression contre les militants de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée de Cellou Dalein Diallo. Depuis l’annonce du tripatouillage de la constitution sur laquelle il( Alpha Condé) avait juré de respecter, plusieurs jeunes issus de L’UFDG et de la Communauté Peule sont tués , d’autres blessés ou persécutés sans oublier ceux qui quittent ou tentent de quitter le pays pour se sauver.

C’est le cas du jeune dynamique Diouldé Bah de Petit Simbaya dans la commune de Ratoma. Diouldé Bah est le secrétaire chargé à la Sécurité et maintien d’ordre du comité de base de ce quartier. À la veille de son départ de la Guinée
Nous l’avons rencontré peu pour connaître les motifs de sa fuite dans sa cachette quelque part en banlieue de la capitale 《 Je suis Diouldé Bah né le 26 octobre 1995 . Je suis commerçant de mon état. Je me suis engagé en politique pour essayer de changer la donne. Je me suis battu avec d’autres pour l’instauration de la démocratie et de l’état de droit dans mon cher pays depuis plusieurs années. Pour le faire, j’ai rejoint le comité de base du parti à Petit Simbaya dans la commune de Ratoma où on m’a affecté au service du maintien d’ordre. Ce service a été mis en place pour aider et sécuriser les manifestations politiques pacifiques organisées par notre parti . Vous savez que le pouvoir n’accepte jamais de sécuriser les marches mêmes légales . Par contre, le pouvoir sort régulièrement des contre -manifestants pour s’attaquer à nous . Aujourd’hui, je suis le père d’une fille nommée Adama Bailo . J’ai aussi un neveux nommé Siradiou qui est le fils de mon grand frère décédé. Siradiou vit avec nous
J’ai envie de vivre pour leur faire procurer du bonheur.
Je m’apprête à quitter le territoire Guinéen contre mon gré. Mais la situation est devenue intenable pour moi. Mon engagement politique me crée toutes les ennuies.
J’ai été arrêté pour la première fois dans le cadre d’une manifestation pacifique le 20 septembre 2017. Nous avions manifesté pour réclamer l’organisation des élections communales dont les mandats des maires avaient expiré il y avait plusieurs années. Ce jour-là nous avions marché avec le leader de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo du rond-point de Bambeto à l’esplanade du stade de 28 septembre. Au niveau du siège du RPG le parti au pouvoir à Hamdallaye, des loubards nous ont attaqué. Les gendarmes sont venus appuyer les miliciens du RPG en nous lançant des gaz lacrymogène. Des gendarmerie m’ont arrêtés et m’ont bastonnés avec des injures à caractère ethniques comme quoi  » nous allons vous tuer tous les Peuls  ». Avec quelques blessures, ils m’ont déposé à l’escadron mobile de Hamdallaye situé à quelques centaines de mètres du lieu de l’incident. Là , le gendarme sort un papier et note devant moi que je suis accusé de  » détention d’armes , de rébellion de participation à une manifestation non autorisée, distribution d’armes aux jeunes et autres. On m » a emprisonné sans pouvoir voir un avocat jusqu’au 24 septembre 2017. Ils ont tenté de m »extorquer des aveux pour accuser des opérateurs économiques Peuls d’être les manifestations.
Mon père, informé de mon cas a dû payer la somme de deux millions de francs Guinéens pour me libérer avec des engagements d’abandonner la politique.
Je suis resté dans cette détresse jusqu’au mois octobre 2019. Les partis politiques et la société civile ont fondé le Front National pour la Défense de la Constitution FNDC pour empêcher Alpha Condé de tripatouiller la constitution et s’octroyer un troisième mandat illégale.
Le 14 octobre 2019 et les jours suivants, le FNDC organise des manifestations qui se sont soldées par plusieurs morts par balles dans la capitale et à l’intérieur du pays. Ces manifestations ont été tués à bout portant par balles réelles. Le 14 Octobre 2019 , j’ai été interpellé . J’organisai les manifestants en tant que secrétaire chargé à la Sécurité de Petit Simbaya. Les gendarmes m’ont dit que je suis arrêté pour trouble à l’ordre public , détention des armes blanches, destruction des édifices publics et privés incitation à la violence. Les gendarmes voulaient me pousser à accuser mes leaders politiques. Le lendemain matin, on m’a transféré à la maison centrale de Coronthie. Je n’oublierai jamais ce que j’avais subi dans cette prison avec des traitements dégradants et inhumains. On a mis en cellule avec des bandits de grand chemins . Je subissais des sévices chaque matin. On me frappait en m »exigeant de payer le droit de prison. On avait qu’une prtion de nourriture dans les 24 heures. Je dormais à terre et il y avait les moustiques et les punaises de lit partout. Je n’avais ni visite ni avocat. Je tombais de temps en temps malade. Mon enfer a pris fin le 3 novembre 2019 plus de deux semaines après mon .arrestation. Une volonté dont je terrai le nom est parvenu à me faire évader de prison pour me sauver la vie. Cette volonté avait payé la somme de( 10 .000 . 000) dix millions de francs Guinéens. Il m’est difficile de laisser mes parents, ma femme et ma fille , Adama bailo et mon neveu Siradio fils de mon grand frère qui est décédé. Mais c’est la seule alternative possible. C’est ainsi que je compte quitter la Guinée dans quelques heures pour tenter de m’épanouir ailleurs. Je sais que mon retour à mon pays m’exposent à d’énorme risques ou ma vie pourrait être exposé 》 a expliqué Diouldé à notre micro.
Notre Rédaction a contacté le service de communications de la gendarmerie pour recouper les informations, mais il n’a pas voulu se soumettre à nos questions.
Depuis le 14 octobre 2019 , plusieurs jeunes ont été abattu par les forces de l’ordre acquises à Alpha Condé. Ces jeunes n’auront jamais la justice tant que Alpha Condé restera au pouvoir. L’UFDG de Cellou a payé un lourd tribu. La quasi-totalité des jeunes tués , blessés ou chassés sont de son parti politique. Human Right Watch et Amnesty International dénoncent cet état de fait.

Propos receueills par Yayé Barry

Tel : 00224626573434