Référendum constitutionnel : Dr Faya Millimouno réitère son appel aux Guinéens à voter NON
18 septembre 2025
Conakry, 18 septembre 2025 – À quelques heures de la clôture de la campagne référendaire, Dr Faya Millimouno, président du Bloc Libéral, a animé une conférence de presse ce jeudi à la Maison de la Presse de Conakry. L’opposant, l’une des rares figures politiques à défendre un vote actif contre le projet de nouvelle Constitution, a réitéré son appel aux citoyens à se mobiliser pour voter NON le 21 septembre prochain.
Dans une déclaration ferme et détaillée, il a rappelé que le boycott n’est pas une option et que « le NON est libérateur ». Pour lui, l’histoire politique guinéenne a démontré que les boycotts électoraux se sont souvent soldés par une perte de voix citoyenne et n’ont pas empêché l’application des textes contestés.
Les raisons d’un rejet du projet constitutionnel
Dr Millimouno a exposé plusieurs arguments majeurs justifiant son appel à voter contre :
- Une Constitution qui consacre l’impunité : il dénonce notamment l’article 104, qui accorderait une immunité civile et pénale aux anciens présidents et chefs de l’État, empêchant ainsi toute poursuite pour crimes économiques ou crimes de sang.
- Un affaiblissement de la justice : selon lui, la nomination par le président des membres de la Cour constitutionnelle détruit l’indépendance de cette institution et met fin à l’équilibre des pouvoirs.
- L’article 64, perçu comme une menace pour l’avenir : ce point, qui offrirait une protection particulière aux forces armées, est jugé dangereux. « Accepter l’article 64, c’est nier le sang des innocents versé depuis 1958 », a-t-il lancé.
- Une architecture institutionnelle coûteuse et inefficace : la multiplication d’institutions (Sénat, Hautes commissions, autorités indépendantes, etc.) représenterait, selon lui, une charge budgétaire estimée entre 11 000 et 15 000 milliards de francs guinéens par an, au détriment des services sociaux de base.
- Un pouvoir présidentiel jugé absolu : l’opposant critique le passage du mandat de 5 à 7 ans, renouvelable une fois, et dénonce « un hyper-présidentialisme » qui transformerait le chef de l’État en « monarque » contrôlant tous les leviers de l’État.
« Le peuple doit se lever pour dire NON »
Face aux journalistes, Dr Faya Millimouno a insisté sur la responsabilité historique des Guinéens :
« Le 21 septembre, vous devez aller voter, et vous devez voter NON. Le boycott est stérile, mais le NON est libérateur. »
La conférence de presse, organisée à la Maison de la Presse — lieu symbolique de liberté d’expression en Guinée — a marqué la clôture officielle de sa campagne pour le NON.
Alors que le scrutin constitutionnel se tiendra dimanche prochain, le débat reste vif entre partisans du projet et ses opposants. Le rendez-vous du 21 septembre s’annonce donc comme un moment décisif pour l’avenir institutionnel du pays.
Doura



