Opération de déguerpissement à Conakry : 48 heures de manœuvres policières au marché d’Enco 5

Opération de déguerpissement à Conakry : 48 heures de manœuvres policières au marché d’Enco 5

24 janvier 2026 Non Par LA RÉDACTION

Sur instructions de la hiérarchie, les forces de sécurité poursuivent les opérations de déguerpissement sur les principaux axes routiers de la capitale guinéenne. Le marché d’Enco 5 a été, ces dernières 48 heures, l’un des principaux théâtres de cette vaste opération.
Durant deux jours consécutifs, les hommes et les engins du Bataillon du Génie Militaire, appuyés par la Police nationale, ont été déployés sur le tronçon reliant Sangoyah au quartier Lambanyi, le long de la Transversale Cité Enco 5. Objectif : libérer les emprises routières occupées de manière anarchique par des kiosques et petits commerces.
Des commerces démolis, des vendeurs désemparés
Sur le terrain, le constat est saisissant. Grues de l’armée et véhicules de la police sont entrés en action, entraînant la démolition de plusieurs installations commerciales installées en bordure de route.
Dans la confusion, certains commerçants tentaient de sauver ce qui pouvait encore l’être : ici un homme courant avec les tôles de sa boutique, là d’autres récupérant précipitamment les bois qui soutenaient leurs étals, tandis que des vendeurs fuyaient avec leurs marchandises sous le bras.
La détresse des commerçantes
Notre reporter a rencontré Sayon Keita, vendeuse de friperie, visiblement éprouvée par la situation.
« Il paraît que les machines ont commencé à démolir pendant la nuit. Moi, j’ai perdu beaucoup de marchandises. Nous demandons à l’État de nous recaser ailleurs. Nous avons des enfants et nos maris ne travaillent pas », a-t-elle confié.
Même son de cloche chez Mamadou Hasmiou, vendeur d’accessoires de téléphones :
« Je suis venu ce matin et j’ai trouvé que ma table a été détruite. La décision n’est pas mauvaise, mais il fallait nous laisser un peu de temps pour nous organiser et chercher un autre endroit », regrette-t-il.
Les autorités du marché appellent au calme
De son côté, Ismaël Diakité, administrateur général du marché d’Enco 5, a sollicité l’accompagnement des autorités pour la construction et la structuration du marché, afin de permettre aux vendeuses d’exercer leurs activités à l’intérieur d’un espace organisé.
Il a également appelé les femmes au calme et à la sérénité, se disant confiant quant à leur futur recasement dans un lieu sécurisé et salubre.
Une mesure jugée nécessaire par certains usagers
Présent sur les lieux, Yéro Diallo, usager de la route, estime que le déguerpissement était devenu inévitable :
« Entre 16 heures et 20 heures, les véhicules ne peuvent même pas passer ici. Les vendeurs quittent le marché pour envahir la route, dépassent les barrières, et vous pouvez rester bloqué une heure de temps », explique-t-il.
Il s’interroge toutefois sur la durabilité de la mesure :
« Reste à savoir si cette décision va se pérenniser, car d’habitude, ils finissent toujours par revenir s’installer. »
Une opération appelée à s’étendre
Selon les autorités, cette opération de déguerpissement s’inscrit dans le cadre de l’embellissement des espaces publics et de l’amélioration de la fluidité de la circulation à Conakry.
Le dégagement des encombrants concerne l’ensemble de la capitale et devrait se poursuivre dans les prochains jours.

 

Yayé Barry