Explosions entendues au Qatar, qui abrite la plus grande base américaine du Moyen-Orient
23 juin 2025
Après les bombardements américains qui ont visé trois sites nucléaires iraniens dans la nuit du samedi 21 au dimanche 22 juin, Israël a frappé lundi Téhéran « avec une force sans précédent » et frappé de nouveau le site nucléaire de Fordo. De son côté, la République islamique a menacé Washington de « lourdes conséquences » après l’opération de ce week-end.
Ce qu’il faut retenir
► L’Iran a menacé lundi 23 juin les États-Unis de « lourdes conséquences » après les frappes américaines contre des sites nucléaires iraniens dimanche, alors que dans la matinée, la République islamique a également tiré plusieurs salves de missiles sur Israël.
► Israël a annoncé des frappes d’une force « sans précédent » contre la capitale iranienne Téhéran. Le site souterrain d’enrichissement d’uranium de Fordo a aussi été visé, comme la prison d’Evin et le QG des gardiens de la révolution.
► Le Pentagone a affirmé avoir « dévasté le programme nucléaire iranien », après ses frappes sur Fordo et les installations nucléaires à Ispahan et Natanz. Mais le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a jugé ce lundi, lors d’une réunion à Vienne, impossible à ce stade d’évaluer l’étendue des dégâts. Il a réclamé un accès aux sites nucléaires iraniens pour « faire le point sur les stocks d’uranium, surtout sur les 400 kg enrichis à 60% ».
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17hh03 : Les Gardiens de la révolution islamique confirment une attaque au Qatar
Le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien a officiellement confirmé avoir lancé une attaque de missiles de représailles ciblant la base aérienne américaine d’al-Udeid, au Qatar, rapporte l’agence de presse iranienne Tasnim et Al Jazeera, qui précise de son côté que des « fusées éclairantes » sont visibles au-dessus de Doha et que de fortes explosions ont été entendues. On ignore pour l’instant s’il s’agit du système de défense aérienne ou de missiles, précise la chaîne qatarienne, basée dans la capitale, qui rappelle que la base aérienne d’al-Udeid, d’une superficie de 24 hectares, est située au sud-ouest de Doha, et qu’il s’agit du quartier général avancé du Centcom américain. Ce dernier dirige les opérations militaires américaines sur un vaste territoire s’étendant de l’Égypte à l’ouest au Kazakhstan à l’est. Établie dans le cadre d’un accord de coopération en matière de défense en 1996, c’est la plus grande base américaine du Moyen-Orient et abrite environ 10 000 soldats, rappelle enfin Al Jazeera.
16h55 : Explosions entendues au Qatar, qui abrite la plus grande base américaine du Moyen-Orient
Peu après l’annonce par Doha de la fermeture de son espace aérien sur fond de tensions après les frappes américaines en Iran, des explosions ont été entendues dans le centre de la capitale du Qatar mais également à Lusail, plus au nord, tandis que des projectiles ont été aperçus dans le ciel, rapportent des journalistes de l’Agence France-Presse.
Plusieurs explosions ont été entendues dans le ciel de Doha, confirme un journaliste de Reuters, à la suite des menaces iraniennes de riposter aux frappes américaines sur des sites nucléaires en Iran. Parallèlement, le média américain Axios rapporte que Téhéran a lancé six missiles sur des bases américaines au Qatar, citant un responsable israélien.
16h52 : Les frappes américaines ne reposent sur aucun « cadre de légalité », considère Emmanuel Macron
« Si on peut considérer qu’il y a une légitimité à neutraliser des structures nucléaires en Iran compte-tenu des objectifs qui sont les nôtres, il n’y a pas de cadre de légalité, non », a déclaré le président français lors d’une conférence de presse à Oslo, où il est arrivé ce lundi, au sujet des frappes américaines en Iran.
Par ailleurs, Emmanuel Macron met en garde contre les « conséquences massives » sur l’économie mondiale d’une éventuelle fermeture par l’Iran du détroit d’Ormuz, passage clé pour le commerce de pétrole. « La conséquence pour l’économie mondiale, la Chine au premier chef et beaucoup d’autres, serait massive et je pense que ça ferait réagir beaucoup de monde. Et la pression sur l’Iran serait alors importante », a-t-il dit.

16h40 : Téhéran doit déplacer les prisonniers en lieu sûr, plaident des experts des Nations unies
Les attaques israéliennes en Iran « causent de grandes souffrances », affirment dans un communiqué la Mission internationale indépendante d’établissement des faits sur l’Iran, ainsi que le rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits humains dans le pays. Ils appellent toutes les parties à « respecter le droit international et à protéger les civils ». « Certaines attaques – notamment le ciblage du siège de l’agence de radiodiffusion publique iranienne, et l’assassinat ciblé de scientifiques – semblent avoir été menées en violation du principe de distinction prévu par le droit humanitaire international », indiquent-ils. Ils se disent « préoccupés par la situation des détenus qui se trouvent encore dans des prisons proches des sites de bombardements, ce qui les expose à un risque plus élevé d’éventuelles frappes aériennes ». Le texte appelle les autorités iraniennes à « éloigner les prisonniers des sites menacés par les frappes aériennes ».
16h25 : Les cours du pétrole brièvement dans le rouge en Europe, mais les esprits semblent s’être calmés
Au lendemain de la « dévastation » que les États-Unis affirment avoir infligée aux sites nucléaires iraniens, la République islamique a menacé Washington de « lourdes conséquences ». Sur les marchés, la fébrilité règne et le baril de pétrole a gagné 6% dans la nuit, passant au-dessus des 81 dollars, son plus haut niveau depuis fin janvier, et les investisseurs sont actuellement dans l’attente.
À l’ouverture des Bourses européennes ce lundi matin, les cours du pétrole sont brièvement repassés dans le rouge mais les esprits semblent s’être un peu calmés, et c’est à présent l’attente qui prédomine ; attente de la réponse que va donner l’Iran aux frappes américaines, car si Téhéran décide de fermer le détroit d’Ormuz où transite 20% du pétrole mondial, les conséquences sur l’approvisionnement en brut et en GNL seraient désastreuses et pénaliseraient notamment le premier client du pétrole iranien, la Chine.
Pékin, dans une déclaration publiée ce lundi, exhorte la communauté internationale à intensifier ses efforts pour éviter que les hostilités entre l’Iran et Israël n’affectent l’économie mondiale. À ce stade, le risque d’un blocage du détroit d’Ormuz semble pourtant globalement écarté, en tout cas pour le moment. Téhéran aurait beaucoup à y perdre, en premier lieu pour ses propres exportations de brut.
Mais les fortes incertitudes, autour de la riposte de l’Iran, ne seront sans doute pas levées tout de suite. Une incertitude qui s’ajoute à un contexte économique déjà extrêmement tendu, avec les droits de douanes imposés par Donald Trump. La Banque mondiale a pour sa part déjà revu ses prévisions de croissance à la baisse pour 2025 à 2,3%.
15h52 : Le Qatar annonce la fermeture de son trafic aérien compte tenu des menaces de riposte iranienne
Les autorités compétentes du Qatar, pays abritant la plus grande base américaine du Moyen-Orient, « annoncent la suspension temporaire du trafic dans l’espace aérien du pays, dans le cadre d’un ensemble de mesures de précaution prises sur la base des développements dans la région », informe le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.
15h48 : Chute du régime iranien ? Dès le départ, Benyamin Netanyahu « n’avait pas caché que c’était l’un de ses objectifs »
En décidant de bombarder le site souterrain d’enrichissement d’uranium à Fordo et les installations nucléaires à Ispahan et Natanz, Donald Trump a rappelé son soutien indéfectible à Benyamin Netanyahu, dans un contexte d’escalade militaire sans précédent. Le Premier ministre israélien sort renforcé après ses frappes qui lui offrent une victoire politique. L’Iran a averti Washington d’un risque d’« extension de la guerre dans la région ». Analyse de la stratégie de Benyamin Netanyahu avec Michel Duclos, conseiller spécial géopolitique à l’Institut Montaigne, auteur de Diplomatie française (éditions Alpha).
EntretienFrappes en Iran: «Israël a acquis une position hégémonique sur la région» selon Michel Duclos
15h45 : Questions autour de la situation du régime de la République islamique d’Iran
Au onzième jour de la guerre entre Israël et l’Iran et au lendemain des frappes américaines sur des sites nucléaires iraniens, le régime des mollahs est-il sur le point de tomber ?
DécryptageLe régime iranien, au bord de l’effondrement?
15h39 : Explosions entendues près de la ville d’Ahvaz, dans le sud-ouest de l’Iran (agence de presse Fars)
Ces explosions ont été entendues à la périphérie ouest de la ville d’Ahvaz, qui est le chef-lieu de la province du Khouzistan, frontalière de l’Irak et bordant le golfe Persique.
15h37 : L’ONU s’inquiète de l’impact du retour de milliers d’Afghans quittant l’Iran en raison de la guerre
En raison de nouvelles politiques du Pakistan et de l’Iran vis-à-vis des Afghans présents sur leur sol, « plus de 600 000 Afghans sont revenus » en Afghanistan en provenance de ces deux pays depuis le début de l’année, indique la cheffe de la mission des Nations unies en Afghanistan, Rosa Otounbaïeva, devant le Conseil de sécurité de l’ONU. « En raison des développements inquiétants dans la région, les agences de l’ONU se préparent à des mouvements frontaliers depuis l’Iran. Les retours depuis l’Iran ces derniers jours ont dépassé plus de 10 000 par jour », ajoute-t-elle. « Les communautés et les autorités de facto ont fait d’énormes efforts pour absorber les personnes qui reviennent mais sans aide internationale, il y a des limites aux retours sûrs, ordonnés et pacifiques », met-elle en garde.
15h23 : Les bombardiers furtifs américains B-2 ciblés par une campagne de désinformation
Au lendemain de l’attaque des États-Unis sur l’Iran, les contours de l’opération « Midnight Hammer » se précisent. Selon le chef d’état-major de l’armée américaine, une centaine d’aéronefs, dont sept bombardiers B-2, ont été impliqués dans les frappes sur les sites nucléaires iraniens. Véritable symbole de la puissance aérienne américaine, ces appareils sont actuellement la cible d’une vaste campagne de désinformation.
Rfi



