Guinée : Sékou Koundouno répond aux critiques de Lansana Kouyaté contre le FNDC
19 février 2023Les tensions verbales se poursuivent entre Lansana Kouyaté, président du Parti de l’espoir pour le développement national (PEDN), et des responsables du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC). En marge de l’assemblée générale de son parti, l’ancien Premier ministre a critiqué l’attitude de Sékou Koundouno, responsable du mouvement, qu’il accuse de jeter de l’huile sur le feu depuis l’étranger.
Une déclaration qui n’a pas tardé à susciter une réaction. Dans une publication, Sékou Koundouno a vivement répondu à l’ancien chef du gouvernement, rejetant les accusations portées contre lui.
« Non Monsieur Lansana Kouyaté, je ne reste pas à l’étranger pour jeter de l’huile sur le feu. J’appelle des citoyens à exercer un droit qui leur est reconnu par la Charte de la transition », a-t-il répliqué.
Le responsable du FNDC estime que les propos de Lansana Kouyaté contribuent à la criminalisation de l’exercice du droit de manifester. Il rappelle notamment les événements de 2007, marqués par une insurrection populaire meurtrière qui avait précédé son accession aux fonctions de Premier ministre.
Dans sa réponse, Sékou Koundouno accuse également Lansana Kouyaté de s’être rapproché des autorités militaires au pouvoir, qu’il qualifie de putschistes.
« Puisque Monsieur Lansana Kouyaté est devenu le porte-parole des putschistes, il ne lui reste plus qu’à leur demander de supprimer tous les droits et libertés fondamentaux », a-t-il notamment déclaré.
Poursuivant ses critiques, le responsable du FNDC établit un parallèle avec le parcours politique de l’ancien Premier ministre, lui reprochant d’avoir lui-même vécu plusieurs années à l’étranger alors qu’il se présentait comme un opposant à l’ancien président Alpha Condé.
Enfin, Sékou Koundouno met en doute les ambitions présidentielles de Lansana Kouyaté. Selon lui, le leader du PEDN chercherait à se rapprocher de la junte militaire pour accéder au pouvoir, faute de pouvoir y parvenir par les urnes.
Cette nouvelle passe d’armes illustre les divergences persistantes entre les acteurs politiques guinéens sur la conduite de la transition, le droit de manifester et les relations avec les autorités militaires.
Yayé Barry



