Sénégal : Ousmane Sonko élu président de Pastef à l’unanimité lors du premier congrès national
7 juin 2026Réunis à Diamniadio, près de Dakar, les délégués du parti Pastef-Les Patriotes ont porté Ousmane Sonko à la présidence de la formation politique au pouvoir. Cette élection, intervenue à l’issue du premier congrès national du parti, marque une nouvelle étape dans la restructuration de Pastef et dans la recomposition du paysage politique sénégalais.
Selon les résultats annoncés par la commission électorale du congrès, Ousmane Sonko a obtenu 589 voix sur 589 suffrages exprimés, soit 100 % des votes validés. Le scrutin a enregistré un taux de participation de 98,5 %, avec 589 procès-verbaux reçus sur les 598 attendus et aucun bulletin blanc.
Créé en 2014, Pastef organisait pour la première fois un congrès national réunissant des délégués venus de toutes les régions du Sénégal ainsi que de la diaspora. Cette rencontre avait pour objectif de renouveler les instances dirigeantes du parti et de définir ses orientations stratégiques pour les années à venir.
L’élection de Sonko intervient dans un contexte politique particulier. Le leader de Pastef a quitté ses fonctions de Premier ministre le 22 mai dernier à la suite de sa révocation par le président Bassirou Diomaye Faye. Quelques jours plus tard, il a été élu président de l’Assemblée nationale après la démission d’El Malick Ndiaye.
Cette transition a mis en lumière certaines divergences entre les deux principales figures du pouvoir sénégalais concernant la gouvernance et l’organisation institutionnelle de l’État. Malgré ces désaccords, Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye continuent d’afficher leur appartenance commune à Pastef.
Le congrès s’est également tenu dans la foulée de la mise en place du gouvernement dirigé par Ahmadou Alamine Mohamed Lo. Bien que disposant d’une majorité confortable à l’Assemblée nationale, Pastef a choisi de ne pas intégrer cette nouvelle équipe gouvernementale.
Ousmane Sonko avait justifié cette décision par des divergences sur plusieurs questions institutionnelles, notamment le rôle de la majorité parlementaire dans la conduite des affaires publiques. Il avait toutefois écarté toute idée de motion de censure contre le gouvernement, privilégiant la concertation avec le chef de l’État afin de préserver la stabilité politique du Sénégal.
À l’approche du congrès, Sonko avait présenté cette rencontre comme une étape clé dans l’évolution de Pastef, estimant que le parti devait passer « du mouvement à l’organisation ». Son accession à la présidence du parti lui confère désormais la direction politique officielle de la formation au pouvoir, à un moment où celle-ci redéfinit son positionnement entre majorité parlementaire et gestion des institutions de l’État.
Les travaux du congrès doivent se poursuivre avec l’examen des textes d’orientation et l’adoption de plusieurs résolutions destinées à encadrer l’action future de Pastef sur la scène politique sénégalaise.
Mokoula Diallo



