Sénégal : Ousmane Sonko affiche déjà ses ambitions pour la présidentielle de 2029
9 décembre 2025
Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a de nouveau exprimé son intention de se présenter à la présidentielle de 2029. « Rien ne peut m’empêcher d’être candidat ! » a lancé le leader du Pastef ce dimanche 7 décembre, lors d’une journée d’hommage aux victimes des violences politiques de 2021 à 2024. Une sortie qui relance le débat sur son éligibilité et révèle les tensions croissantes au sommet de l’État.
Sonko réaffirme sa volonté d’être candidat
Pour la deuxième fois depuis l’arrivée au pouvoir du Pastef en mars 2024, Ousmane Sonko clarifie ses ambitions. Déjà en juillet, dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, il avait déclaré qu’il n’existait « aucun obstacle » à sa candidature.
Cette fois encore, le Premier ministre a insisté : qu’il s’agisse de la présidentielle, des législatives ou des locales, la décision de participer dépend uniquement de lui.
Une sortie pour rassurer la base militante du Pastef
Selon le journaliste Assane Samb, cette déclaration vise avant tout à rassurer les militants du Pastef alors que la question de l’éligibilité de Sonko a resurgi. En juillet dernier, la Cour suprême avait confirmé sa condamnation à six mois de prison avec sursis et 200 millions de francs CFA pour diffamation — une décision qui l’avait exclu de la présidentielle de 2024.
Le parti au pouvoir affirme que cette condamnation est couverte par la loi d’amnistie adoptée l’an dernier. Pourtant, plusieurs juristes contestent cette interprétation, estimant que la décision de la Cour suprême, rendue après l’adoption de la loi, reste pleinement opposable.
Un analyste politique temporise toutefois : « Personne ne peut prédire aujourd’hui qui sera autorisé à concourir en 2029 ». Le Conseil constitutionnel aura seul le pouvoir de valider les candidatures.
Tensions avec le président Diomaye Faye ?
Cette nouvelle prise de position pourrait également s’expliquer par les crispations en haut lieu. Le chroniqueur judiciaire Daouda Mine évoque des « tensions » entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre. D’après lui, un « différend » existerait entre les deux hommes depuis que le chef de l’État a réactivé la coalition ayant soutenu sa candidature en 2024, sans préciser ses propres intentions politiques.
Dans un contexte où les équilibres internes du pouvoir semblent fragilisés, la déclaration d’Ousmane Sonko apparaît comme un rappel stratégique de ses ambitions — et un message à ses alliés comme à ses adversaires.
Mondial Diouf



