Restrictions d’entrée aux États-Unis : le Mali, le Niger et le Burkina Faso désormais interdits

Restrictions d’entrée aux États-Unis : le Mali, le Niger et le Burkina Faso désormais interdits

18 décembre 2025 Non Par LA RÉDACTION

 

Les États-Unis ont durci leur politique migratoire en élargissant la liste des pays soumis à une interdiction totale d’entrée sur leur territoire. Par une proclamation signée le mardi 16 décembre 2025, le président américain Donald Trump a décidé d’imposer de nouvelles restrictions à sept pays supplémentaires, dont les trois États membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) : le Mali, le Niger et le Burkina Faso.

Jusqu’ici soumis à des restrictions partielles, ces pays basculent désormais vers une suspension complète de l’admission de leurs ressortissants aux États-Unis, que ce soit pour l’immigration ou pour de simples séjours temporaires.

Washington invoque des failles sécuritaires

Selon la Maison Blanche, cette décision vise à « protéger la sécurité nationale » des États-Unis. L’administration américaine estime que les pays concernés présentent des insuffisances dans les mécanismes de contrôle, de vérification et de transmission des informations sur leurs ressortissants.

Toutefois, des dérogations limitées sont prévues. Elles concernent notamment les résidents permanents légaux, les détenteurs de visas déjà valides, les diplomates, certains athlètes, ainsi que les personnes dont l’entrée est jugée conforme aux « intérêts nationaux américains ».

Silence des capitales sahéliennes

Interrogé par RFI, le Département d’État américain n’a pas fourni de détails spécifiques justifiant l’inclusion des pays de l’AES. L’ambassade des États-Unis à Bamako n’a pas davantage réagi. De leur côté, le Mali, le Niger et le Burkina Faso n’ont, pour l’heure, émis aucune réaction officielle.

Cette annonce intervient dans un contexte déjà tendu. En octobre dernier, Washington avait exigé le paiement de cautions allant de 5 000 à 15 000 dollars pour certaines demandes de visas africains, invoquant des taux élevés de dépassement de séjour. Le Mali, initialement concerné, avait appliqué la réciprocité avant d’être retiré de cette liste.

Une décision en décalage avec les discussions sécuritaires

La suspension totale des visas survient alors même que les pays de l’AES, en particulier le Mali, tentaient de réchauffer leur coopération sécuritaire avec Washington. En juillet, Bamako s’était félicité d’un « dialogue politique rénové » avec les États-Unis à l’occasion d’une visite d’un haut responsable américain chargé de la lutte antiterroriste.

Mais depuis, Donald Trump a clairement affiché une ligne plus dure, affirmant vouloir mettre fin à l’immigration en provenance des pays du tiers-monde, qu’il accuse de représenter une menace pour la sécurité américaine.


Doura