Procès pour excision à la Cour d’appel de Conakry : Mabinty Bangoura et Hawa Camara sollicitent la clémence
26 janvier 2026Le procès en appel de Mabinty Bangoura et Hawa Camara s’est tenu à la Cour d’appel de Conakry. Les deux femmes, reconnues coupables en première instance, avaient été condamnées à cinq ans de prison ferme pour avoir fait subir une excision à la jeune Mariama Soumah à l’île de Kassa au large de Conakry.
Le tribunal de première instance de Kaloum les avait condamnées le 9 septembre 2025. Depuis lors, elles sont détenues à la Maison centrale de Conakry. À noter que Hawa Camara est âgée de 81 ans.
À l’audience en appel, leur avocat a plaidé la clémence du tribunal, invoquant l’âge avancé des deux prévenues. À défaut d’un allègement de peine, il a sollicité une liberté provisoire. Selon la défense, les deux femmes n’ont jamais été scolarisées et considèrent l’excision comme une pratique traditionnelle, sans en mesurer pleinement les conséquences légales et sanitaires.
La victime, Mariama Soumah, avait subi une ablation qui a nécessité son hospitalisation à l’hôpital Ignace Deen de Conakry.
Le ministère public a indiqué ne pas s’opposer à une liberté provisoire, estimant, tout comme la défense, que les accusées ont suffisamment pris conscience de la gravité des faits après six mois de détention à la Maison centrale.
La Cour a renvoyé l’affaire au 16 février, date à laquelle seront examinées la demande de liberté provisoire et les plaidoiries.
Bien que strictement interdite et sévèrement punie par la loi guinéenne, l’excision demeure une pratique encore largement répandue en Guinée, avec un taux de prévalence particulièrement élevé, posant un défi majeur en matière de droits humains et de santé publique.
Yayé Barry



