Procès du 28 septembre : trois officiers devant le TPI de Dixinn

Procès du 28 septembre : trois officiers devant le TPI de Dixinn

14 janvier 2026 Non Par LA RÉDACTION

Georges Olemou, gendarme, Jean Louis Kpoghoumou et Thomas Touaro, tous deux militaires, ont comparu ce mardi 13 janvier devant le Tribunal de Première Instance (TPI) de Dixinn, délocalisé dans l’enceinte de la Cour d’appel de Conakry. Ils étaient appelés à répondre, en audience correctionnelle, d’infractions présumées commises lors des événements tragiques du 28 septembre.
Les trois officiers sont poursuivis pour complicité d’abus d’autorité, meurtre, assassinat, viol, coups et blessures volontaires, vol à main armée, enlèvement, séquestration, entrave aux mesures d’assistance, ainsi que pour omission de porter secours.
Après la lecture de l’ordonnance de renvoi, les avocats de la défense ont, à tour de rôle, dénoncé ce qu’ils considèrent comme de graves manquements procéduraux. Selon eux, la procédure serait « juridiquement morte », ce qui justifierait la mise en liberté immédiate de leurs clients, détenus depuis plusieurs années. Ils ont ainsi sollicité du tribunal l’ordonnance de leur libération.
Prenant la parole en réplique, le ministère public a rejeté en bloc les arguments de la défense, les qualifiant « d’infondés ». Pour le parquet, ces moyens ne sauraient retenir l’attention du tribunal et doivent être purement et simplement écartés.
Les avocats de la partie civile ont, pour leur part, estimé que la défense cherchait uniquement à faire perdre du temps à la juridiction, alors que la procédure suit son cours normal. Ils se sont opposés à toute demande d’annulation du procès.
Pour rappel, les événements du 28 septembre sont survenus à la suite d’un appel à manifester lancé par les forces vives de l’époque contre une éventuelle candidature de l’ex-président de la transition, le capitaine Moussa Dadis Camara. La manifestation, organisée au stade du 28 septembre, avait été violemment réprimée. Selon plusieurs organisations de défense des droits de l’homme, le bilan fait état d’au moins 156 morts, de 109 femmes violées, ainsi que de nombreux disparus.
À l’issue de cette audience, le tribunal a renvoyé l’affaire au 19 janvier prochain pour la poursuite des débats.

 

Yayé Barry