Ousmane Gaoual : « Il n’y a pas de crise de liquidités »
27 février 2026Depuis plusieurs mois, les usagers des banques primaires en Guinée font face à d’importantes difficultés pour retirer leur argent. La crise des liquidités, régulièrement dénoncée par les clients, semble s’être accentuée ces derniers jours. Dans certaines institutions financières, les retraits seraient plafonnés à deux millions de francs guinéens par opération, alimentant frustration et incompréhension au sein de la population.
Alors que de nombreux clients dénoncent une situation devenue intenable, la Banque centrale reste jusque-là silencieuse sur les causes exactes de ces tensions de trésorerie.
De son côté, le gouvernement adopte une lecture différente de la situation. Interrogé par un journaliste de TV5 Monde (TV5 Afrique), Ousmane Gaoual Diallo, ministre des Transports et porte-parole du gouvernement, a rejeté l’idée d’une crise de liquidités.
« En réalité, il n’y a pas de crise de liquidité comme on entend souvent les gens s’exprimer. C’est vrai qu’il y a une volonté aujourd’hui d’encourager d’autres modes alternatifs de transactions financières, d’abord parce que ça facilite les transactions, mais aussi ça garantit une certaine traçabilité des ressources. Et ça fait partie des mécanismes aujourd’hui avérés de bonne gouvernance dans toutes les sociétés. On ne peut pas continuer à faire des achats de milliards et de milliards de francs guinéens en espèces. Je pense qu’il faut que les concitoyens acceptent cette évolution aussi », a-t-il déclaré.
Selon le porte-parole du gouvernement, les restrictions observées dans certaines banques s’inscriraient donc dans une dynamique de modernisation du système financier, visant à promouvoir les paiements électroniques et à renforcer la transparence des flux financiers.
Sur le terrain toutefois, de nombreux citoyens continuent de déplorer les difficultés d’accès à leurs fonds, dans un contexte économique déjà marqué par la hausse du coût de la vie. Entre perception populaire d’une pénurie de liquidités et volonté affichée des autorités de transformer les habitudes de paiement, le débat reste ouvert.
Doura



