Orpaillage sauvage en Haute-Guinée : Morissanda Kouyaté explique aux ambassadeurs les raisons du départ des ressortissants étrangers
5 novembre 2026Le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Guinéens établis à l’étranger, Morissanda Kouyaté, a rencontré les ambassadeurs et représentants diplomatiques accrédités en Guinée. Au centre des échanges : la situation liée aux opérations contre l’orpaillage clandestin en Haute-Guinée, qui ont notamment entraîné le départ de nombreux ressortissants burkinabè et maliens des zones minières de la région.
Face au corps diplomatique, le chef de la diplomatie guinéenne a tenu à présenter la position des autorités de Conakry et à apporter des éclaircissements sur les circonstances de ces opérations. Il a notamment insisté sur la distinction entre les nationalités des personnes interpellées et les infractions qui leur sont reprochées, affirmant que la lutte engagée par le gouvernement ne vise aucune communauté étrangère en particulier.
Pour Morissanda Kouyaté, la question relève avant tout du respect des lois guinéennes, de la protection de l’environnement et de la préservation des ressources naturelles du pays.
Des ressortissants de plusieurs pays concernés par les opérations
Dans son intervention, le ministre a évoqué la présence de ressortissants de plusieurs nationalités sur les sites d’exploitation aurifère illégale. Il a notamment cité des Chinois, des Burkinabè, des Maliens, des Ivoiriens, des Togolais, des Ghanéens, des Nigérians, des Béninois, des Vietnamiens, des Indiens, des Sierra-Léonais et des Camerounais.
Selon les chiffres communiqués par le ministre, les premières opérations ont notamment permis d’interpeller 249 ressortissants chinois, 409 Burkinabè et 66 Maliens, dans le cadre des investigations visant les activités d’orpaillage sauvage.
Morissanda Kouyaté a également évoqué la présence de Guinéens parmi les personnes impliquées dans ces activités. Il a ainsi voulu souligner que les opérations ne sont pas dirigées contre une nationalité déterminée, mais contre les pratiques d’exploitation illégale des ressources minières.
Pour illustrer son propos, il a fait référence à une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, dans laquelle un jeune homme affirme être venu en Guinée pour exploiter les ressources du pays et utiliser les bénéfices obtenus pour construire dans son pays d’origine.
« Nous, on est venu pour creuser ici, détruire la terre de la Guinée, prendre ce qu’on a à prendre et construire chez nous », a-t-il rapporté, en reprenant les propos attribués à ce jeune homme.
Le ministre a précisé que, selon lui, les personnes concernées ne peuvent pas toutes être considérées comme des clandestins. Certaines afficheraient ouvertement leurs activités sur Facebook et TikTok. Il a ainsi voulu mettre en évidence le caractère organisé et visible de certaines pratiques d’exploitation illégale.
En juillet, Conakry avait privilégié la voie diplomatique
Revenant sur la gestion des premières interpellations, Morissanda Kouyaté a expliqué que le président de la République, Mamadi Doumbouya, avait demandé que le dossier soit traité avec une attention particulière sur le plan diplomatique, afin de préserver les relations entre la Guinée et ses pays partenaires.
« Je demande au ministre des Affaires étrangères de traiter cette question de façon diplomatique pour raffermir les relations avec nos partenaires », a-t-il rapporté, en citant les instructions du chef de l’État.
Le ministre a notamment évoqué le cas de ressortissants maliens interpellés lors des opérations. Il a présenté un document daté du 3 juillet, signé par le représentant du consul du Mali, Tidiane Haidara, attestant, selon ses explications, de la remise de personnes interpellées aux autorités consulaires maliennes.
Il a également cité Aboubacar Konaré, consul de l’ambassade du Mali, parmi les représentants ayant reçu des ressortissants maliens. Selon le bilan présenté par le ministre, 163 personnes auraient ainsi été remises aux autorités consulaires.
Doura


