Nigeria : six hommes, dont un général à la retraite, inculpés pour un projet de coup d’État
22 avril 2026Au Nigeria, une affaire aux allures de haute trahison secoue les sphères politico-militaires. Le parquet a annoncé, mardi 21 avril, l’inculpation de six hommes, parmi lesquels un général de division à la retraite, pour leur implication présumée dans un projet de coup d’État remontant à octobre 2025.
Selon les autorités judiciaires, ce complot visait directement les plus hautes institutions du pays. Les conspirateurs auraient planifié une attaque contre Aso Rock, la résidence officielle du président, avec pour objectif de capturer, voire assassiner le chef de l’État Bola Tinubu ainsi que son vice-président Kashim Shettima. Le président du Sénat et celui de la Chambre des représentants figuraient également parmi les cibles.
Dans un premier temps, les autorités nigérianes avaient minimisé les faits, évoquant de simples cas « d’indiscipline » au sein de l’armée. Toutefois, l’ampleur de l’affaire s’est progressivement révélée, notamment après l’arrestation de plusieurs officiers supérieurs. En réaction, le président Tinubu avait procédé à un vaste remaniement de l’état-major militaire.
Les six suspects inculpés doivent comparaître ce mercredi 22 avril devant la Haute Cour d’Abuja. Ils font face à 13 chefs d’accusation, dont trahison, terrorisme, blanchiment d’argent et non-divulgation d’informations. Parmi eux figurent également un capitaine à la retraite, un inspecteur de police ainsi que des civils.
D’après l’acte d’accusation, les mis en cause auraient collaboré étroitement avec le colonel Mohammed Alhassan Ma’aji, présenté comme le cerveau de cette tentative de putsch. Ils sont accusés d’avoir apporté un soutien « indirect mais conscient » à ce projet, en participant à une conspiration visant à commettre des actes terroristes.
L’enquête évoque aussi l’implication d’un ancien gouverneur de l’État de Bayelsa, actuellement en fuite, soupçonné d’avoir financé l’opération. Par ailleurs, au moins 16 officiers supérieurs en activité ont été arrêtés, issus de l’armée de terre, de la marine et de l’armée de l’air. Ces derniers pourraient être jugés par une cour martiale.
Cette affaire met en lumière des tensions persistantes au sein de l’appareil sécuritaire nigérian et soulève de nouvelles interrogations sur la stabilité institutionnelle du pays, première puissance économique d’Afrique de l’Ouest.
Yayé Barry



