Mort d’Adamo Condé en Belgique : la tension monte entre Conakry et Bruxelles
21 décembre 2025La mort d’Adamo Condé, ressortissant guinéen de 34 ans, tué par balle lors d’une intervention policière à Namur, en Belgique, provoque une vive émotion au sein de la communauté guinéenne et suscite une réaction ferme des autorités de Conakry.
Le ministre guinéen des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté, exige qu’une enquête indépendante, crédible et transparente soit menée afin de faire toute la lumière sur les circonstances de ce drame.
Dans une déclaration au ton particulièrement ferme, le chef de la diplomatie guinéenne a indiqué que des instructions immédiates ont été données à l’ambassade de Guinée en Belgique pour établir un rapport détaillé sur les faits.
« Des instructions fermes ont été immédiatement données à partir de Conakry à notre ambassade en Belgique de dresser un rapport sur les circonstances des faits. Ce rapport est corroboré par le communiqué du parquet de Namur », a déclaré Morissanda Kouyaté.
Si les conclusions définitives de l’enquête ne sont pas encore connues, le ministre estime néanmoins que l’usage d’une arme à feu par quatre agents de police pour maîtriser un seul individu pose de sérieuses questions.
« L’usage d’armes à feu par quatre agents de police pour maîtriser un seul individu ne saurait, en l’état, être considéré comme une nécessité qui s’imposait absolument », a-t-il dénoncé, qualifiant les faits d’usage manifestement disproportionné de la force.
Tout en rappelant que la Guinée entretient avec le Royaume de Belgique des relations d’amitié et une coopération bilatérale reconnue, Conakry condamne « avec fermeté et sans ambiguïté » cette tragédie et exige que les responsabilités soient établies.
« La Guinée exige que les diligences nécessaires soient prises par les autorités belges afin de mener une enquête indépendante, crédible et transparente, et que les auteurs de cet acte soient traduits devant les juridictions compétentes et sanctionnés à la hauteur de leurs responsabilités », a insisté le ministre.
La communauté guinéenne de Namur réclame la vérité
Sur le terrain, l’émotion reste vive. À Namur, la communauté guinéenne est sous le choc et réclame des explications. Dimanche soir, une intervention policière a viré au drame : Adamo Condé a été abattu par trois coups de feu, tandis que quatre policiers ont été grièvement blessés lors de l’altercation. Une instruction judiciaire a été ouverte afin de déterminer la légalité des tirs.
« Trois coups de feu, c’est trop. Nous voulons que toute la lumière soit faite sur la mort d’Adamo », martèlent les membres de la communauté guinéenne locale.
Ce mardi, les proches de la victime ont donné rendez-vous à la presse dans un café de la rue Saint-Nicolas, à Namur. Entre colère et incompréhension, ils disent vouloir être entendus et demandent que la justice fasse toute la clarté sur ce qu’ils considèrent comme une mort évitable.
Alors que l’enquête se poursuit, cette affaire sensible risque de peser sur les relations diplomatiques entre Conakry et Bruxelles, dans un contexte où la question des violences policières et du respect des droits humains reste particulièrement scrutée en Europe comme en Afrique.
Adamo Condé est mort dimanche sous les tirs de la police, près du tunnel routier sous la gare de Namur. L’homme de 34 ans a reçu trois balles. L’enquête est toujours en cours selon les autorités Belges
Doura



