Mohamed Lamine Bangoura face aux 20 milliards présumés détournés

Mohamed Lamine Bangoura face aux 20 milliards présumés détournés

19 février 2026 Non Par LA RÉDACTION

L’ancien président de la Cour constitutionnelle, Mohamed Lamine Bangoura, a comparu ce mercredi 18 février 2026 devant la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF). Il est poursuivi pour détournement présumé de plus de 20 milliards de francs guinéens, corruption, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux et complicité.
Appelé à la barre vêtu d’un boubou bleu foncé et portant des lunettes noires, l’ex-haut magistrat a catégoriquement rejeté les accusations de détournement. Il s’est dit surpris de comparaître seul devant la juridiction spéciale, rappelant qu’ils étaient neuf membres à composer la Cour constitutionnelle au moment des faits.
Mohamed Lamine Bangoura a supplié les juges de lui accorder la liberté, évoquant également l’existence d’une autre plainte déposée contre lui par un ancien greffier.
Un acteur clé du référendum de 2020
Mohamed Lamine Bangoura n’est pas un inconnu du paysage politique guinéen. Il est notamment celui qui avait proclamé et validé le référendum constitutionnel controversé de 2020, ouvrant la voie au troisième mandat de l’ancien président Alpha Condé.
Détenu depuis trois ans, l’ancien président de la Cour constitutionnelle continue de clamer son innocence.
La position de l’État
À l’audience, Maître Pépé Antoine, avocat représentant l’État guinéen, a indiqué que la Cour avait accordé au prévenu la possibilité d’apporter des éléments à sa défense. Toutefois, faute de temps, l’affaire a été renvoyée au 23 février pour la poursuite des débats.
Selon l’avocat de l’État, des éléments de la procédure attesteraient que certains montants ont été versés sur les comptes de la Cour constitutionnelle sans justification claire de leur utilisation. Il a également évoqué l’existence de biens dont la valeur ne serait pas cohérente avec les ressources déclarées du prévenu.
Concernant l’argument de la défense selon lequel Mohamed Lamine Bangoura serait le seul membre poursuivi parmi les neuf juges de l’institution, Maître Pépé Antoine a répondu qu’il s’agit d’« une décision de justice contre laquelle ceux qui sont habilités à exercer des recours ne l’ont pas fait ».
L’affaire est donc renvoyée au lundi 23 février pour la suite des débats.

Yayé Barry